Le secteur de la défense en Europe s’organise face à la baisse des budgets

La contraction des budgets militaires occidentaux contribue à accroître la concurrence entre les principaux acteurs sur les marchés émergents
Yves-Marc Le Reour

Si le salon du Bourget, ouvert ce week-end, constitue une vitrine pour l’aéronautique civile, il présente également sur 2.000 m² des équipements destinés à l’industrie de la défense, un secteur confronté à la rigueur budgétaire de nombreux pays occidentaux.

«La baisse des budgets militaires en Europe et en Amérique du Nord a pour effet immédiat d’accroître la concurrence à laquelle se livrent les principaux acteurs du secteur sur les marchés du grand export», indique à L’Agefi Gilbert Fayol, associé responsable du pôle M&A Transaction Services chez Deloitte Finance. «La demande croissante des pays émergents pour disposer d’une défense autonome incite à davantage de transferts de technologie ou d’une partie des productions, le plus souvent sous forme d’une augmentation de la part locale produite par les pays fortement demandeurs comme la Chine, l’Inde ou le Brésil», ajoute-t-il.

«Le secteur de la défense en Europe ne semble pas avoir atteint son optimum en termes d’investissements en R&D. Les mouvements de consolidation sont en outre conditionnés par les considérations stratégiques des Etats en matière de défense nationale et de politique industrielle», estime de son côté Guillaume Martinez, associé M&A Transaction Services chez Deloitte. En France, ceci explique notamment l’absence de décision concernant la part de 65% détenue par l’Etat dans DCNS (armement naval) ou son désengagement partiel de Nexter (armement terrestre) qu’il contrôle à 100%.

En Italie, les choses pourraient évoluer plus rapidement pour Avio Space, que les analystes de Banca Akros valorisent entre 300 et 400 millions d’euros. Souhaitant céder leur participation respective de 81% et 14% dans cette entité, Cinven et Finmeccanica devraient recevoir des offres préliminaires d’ici à la fin du mois de juin.

A la suite du rapprochement avorté entre BAE Systems et EADS, la mutualisation des investissements constitue une alternative crédible pour générer des économies de coûts tout en développant de nouveaux programmes. Dassault Aviation, Cassidian (filiale d’EADS) et Alenia (contrôlé par Finmeccanica) ont ainsi publié ce week-end une lettre ouverte en faveur du développement en commun d’un drone de surveillance, ce qui permettrait de combler le retard accumulé dans ce domaine par le Vieux Continent sur les Etats-Unis ou Israël. Le coût de ce programme est estimé à un milliard d’euros.

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