Le SBF 120 présente de fortes disparités dans les rémunérations
A l’approche de lasaison des AG, la rémunération des dirigeants pourrait de nouveau animer les débats. Si la rémunération médiane du directeur général (CEO) ressort à 3,9 millions d’euros dans le CAC 40 et à 1,75 million dans le SBF 80, les différences sectorielles sont notables. Au sein du SBF 120, le cabinet Kienbaum France constate des écarts pouvant aller du simple au triple, même en neutralisant l’effet taille. «La pharmacie (Sanofi), la chimie (Air Liquide) et le luxe (LVMH) sont les secteurs les plus rémunérateurs, constate Sofia Sefrioui, responsable de l’activité conseil en rémunération chez Kienbaum France. En revanche, l’énergie (Engie) et l’environnement (Suez, Veolia) sortent en queue de peloton».
Si la taille explique principalement les écarts de rémunération, la structure actionnariale influe aussi. «La concentration actionnariale et la présence de l’Etat au capital tirent les rémunérations à la baisse, ajoute Sofia Sefrioui. En revanche, l’expérience à l’international du dirigeant, et le potentiel de création de valeur, mesuré par le ratio capitalisation boursière sur valeur comptable nette des capitaux propres, soutiennent les rémunérations à la hausse. Le luxe et la pharmacie offrent un ratio 2,5 fois plus élevé que celui de l’énergie et de l’environnement».
En termes de structuration, le package garanti (fixe, jetons de présence, retraite et avantages en nature) pèse 56% de la rémunération globale des CEO des sociétés les moins rémunératrices. Alors que le variable (annuel, pluriannuel et plan d’incitation à long terme) représente 64% de la rémunération globale des CEO dans les sociétés qui payent le mieux leurs dirigeants.
«Pour l’attribution des actions de performance, les entreprises du SBF 120 utilisent très majoritairement des critères de croissance, mais pas assez d’indicateurs liés à la création de valeur, poursuit Sofia Sefrioui. Les indicateurs de retour sur capitaux investis (Roce) sont seulement pratiqués par une entreprise sur quatre. Les critères boursiers, dont le relative total shareholder return (TSR relatif), sont utilisés par 54% des entreprises. Et seulement 17% de l’indice utilisent des critères extra-financiers, liés à la stratégie ou la RSE. Nous préconisons une combinaison équilibrée entre ces différents indicateurs alliant croissance et retour sur investissement».
Des effortssont donc attendus. «Le mécanisme d’attribution des actions de performance et le choix des indicateurs de performance restent perfectibles», conclut Sofia Sefrioui.
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