Le risque de dépréciations d’actifs augmente avec la crise et la chute des valorisations

Certaines entreprises affichent d’importants niveaux de survaleurs héritées de leurs acquisitions en période de croissance
Olivier Pinaud

La chute des valorisations des entreprises pourrait réserver de mauvaises surprises lors de la publication des résultats annuels 2011 des groupes européens. «La baisse des marchés actions en 2011 devrait peser sur la valorisation de certains actifs acquis. Les entreprises qui affichent d’importants niveaux de goodwill (survaleurs) pourraient passer des dépréciations sur les trimestres à venir», prévenaient ainsi récemment les analystes crédit de Tullet Prebon.

Le stock de survaleurs a considérablement augmenté ces dernières années, sous l’effet d’une vague soutenue d’acquisitions. Or, dans le même temps, les entreprises ont assez peu déprécié leurs goodwills car, en période de croissance, les hypothèses utilisées pour les tests de dépréciation ne réclamaient pas d’intervenir sur la valeur des actifs. Mais la crise a changé la donne et donc les hypothèses de calcul. L’électricien allemand E.On va par exemple déprécier cette année de 3 milliards d’euros la valeur de plusieurs actifs achetés en haut de cycle.

Comme le rappelle Tullet Prebon, un ratio survaleurs sur fonds propres ou survaleurs sur total d’actifs élevé ne conduit «pas nécessairement à des dépréciations». Mais dans le contexte actuel, certains groupes pourraient être contraints de passer des charges exceptionnelles. D’autant que les autorités commencent à veiller au grain. La semaine dernière, dans une recommandation, l’Autorité des marchés financiers s’était ainsi inquiétée du risque grandissant lié aux survaleurs en période de crise. Elle a expressément demandé aux sociétés cotées de faire preuve d’une plus grande transparence et de plus de pédagogie dans l’exposé de leurs facteurs de risque.

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