Le risque d’acquisition pèse sur les notes du secteur des biens d’équipement
L’heure n’a pas encore sonné pour envisager tout à fait sereinement la croissance externe dans le secteur européen des biens d’équipement. Ces fusions-acquisitions (M&A) devraient pourtant confirmer leur retour en force, selon FitchRatings, qui prévient qu’elles sont susceptibles de menacer les notations crédit.
Des acteurs majeurs tels Schneider ou ABB ont déjà franchi le Rubicon et d’autres tels Philips, Siemens ou Legrand ont officiellement fait part de leur appétit d’acquisitions en 2010. Fitch s’attend à voir ce mouvement s’accélérer, du fait de l’existence de véritables «trésors de guerre» amassés au plus fort de la crise. Les réserves de liquidités des dix groupes du secteur notés par l’agence ont progressé de 50% l’an passé, soit de plus de 10 milliards d’euros.
Sur fond qui plus est d’amélioration des conditions des marchés finaux et d’un meilleur accès aux financements, tant en termes de coût que de volumes, les acquisitions sont une priorité. La structure spécifique du secteur crée également un «besoin incessant» de rapprochements, synonymes de synergies ou d’ouverture vers de nouveaux marchés, d’autant plus à un moment où, en raison d’une reprise qui ne pourra être que lente et progressive, les groupes cherchent à «acheter de la croissance». Un argument qui devrait conforter le statut des marchés émergents en tant que cibles privilégiées.
Fitch souligne également que les valorisations des transactions restent attractives, à 9,1 fois l’Ebitda au premier trimestre 2010 contre un plus haut de 12,9 fois atteint en 2007. Enfin, la pression des actionnaires devrait soutenir la vague de fusions. Faute d’opportunités, ces investisseurs ne manqueront pas de réclamer rachat de titres ou hausse du dividende.
L’agence avertit cependant que ces M&A doivent être menées «consciencieusement et prudemment» pour renforcer le profil crédit. Alors qu’une nouvelle phase de contraction économique ne peut être exclue, les transactions de grande ampleur, financées par la dette ou en numéraire, pourraient susciter une réaction négative de sa part.
Le «risque M&A» pèse également sur les proies, essentiellement de tailles moyennes, particulièrement si les acquéreurs sont des concurrents issus des marchés émergents et bénéficiant d’une notation peu reluisante, ou si la manœuvre implique des sociétés de private equity et un fort effet de levier.
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