Le rêve américain d’Iliad gagne un peu plus en probabilité
Un sérieux revers pour Deutsche Telekom, un espoir supplémentaire pour Iliad. Sprint, le troisième opérateur mobile américain, a renoncé à son offre sur T-Mobile US, la filiale américaine de l’opérateur de télécoms allemand. Le groupe, propriété du japonais Softbank depuis l’an dernier, a préféré jeter l’éponge en raison des risques de veto des autorités américaines de régulation. Hier, Tom Wheeler, le président de la Federal Communications Commission s’est félicité du maintien de quatre grands opérateurs sur le marché, une «bonne situation pour les consommateurs américains». Le directeur général de Sprint, Dan Hesse, en poste depuis 2007, a fait les frais de cet échec. Il a été remplacé par Marcelo Claure.
Alors qu’il prêche pour un passage de quatre à trois opérateurs en France, Iliad devrait au contraire insister aux Etats-Unis sur les aspects pro-concurrentiels de son offre de rachat de T-Mobile US. Avec lui, le pays garderait quatre opérateurs nationaux et son expérience en matière de baisse des tarifs en France sonnerait agréablement aux oreilles de la FCC.
Reste à savoir si cela convaincra Deutsche Telekom. L’offre actuelle d’Iliad, de 15 milliards de dollars pour 56,6% du capital, est inférieure de 17,5% à ce que proposait Sprint. «La nécessité pour Iliad d’améliorer son offre semble avoir diminué, tout comme la pression en terme de calendrier», estiment les analystes de JPMorgan. L’action Iliad a tout de même encore perdu hier 5,71% à 178,2 euros. L’opérateur allemand, qui présentera ses résultats semestriels ce matin, a perdu en pouvoir de négociation depuis le retrait de Sprint. Mais il pourrait aussi choisir de conserver encore un peu sa filiale américaine, alors qu’il avait déjà tenté en 2011 de la céder à AT&T, avant que les autorités ne bloquent l’opération.
Le maintien de l’opérateur dans son giron nécessiterait de nouveaux investissements pour accroître le réseau et entretenir la croissance des abonnés. Mais cette stratégie a plutôt bien réussi ces derniers mois, T-Mobile US devenant l’opérateur mobile américain le plus dynamique avec 908.000 nouveaux abonnés au dernier trimestre. Le groupe allemand pourrait espérer vendre sa filiale plus tard, à un meilleur prix. Les analystes de Macquarie rappellent aussi qu’il pourra, à partir de novembre prochain, s’alléger au capital de T-Mobile, coté à New York, tout en conservant la majorité.
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