Le refinancement des autoroutes va peser sur le bénéfice d’Eiffage
Eiffage a tenu son engagement. Ouvertes l’an dernier, les discussions pour le refinancement de la dette d’acquisition de son activité autoroutière, logée chez APRR et Eiffarie, viennent d’aboutir. Cette dette avait été contractée en 2006 lors du rachat, avec Macquarie, des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, quelques mois après leur privatisation.
Le refinancement porte sur un montant total de 3,5 milliards d’euros. Il est constitué de deux tranches : une ligne «revolver » chez APRR de 0,7 milliard d’euros, de maturité 5 ans et portant intérêt à Euribor +150 points de base (pb) ; un crédit structuré chez Eiffarie d’un montant de 2,8 milliards d’euros, également à 5 ans, et portant intérêt à Euribor +300 pb. Cette dernière ligne comporte deux clauses dites de «step-up» qui augmenteront la marge de 50 pb en 2015 et de 50 pb en 2016. A l’origine, la dette d’acquisition chez Eiffarie se montait à 3,8 milliards d’euros et a été diminuée à 2,8 milliards grâce aux dividendes versés par APRR et aux émissions obligataires réalisées en 2011.
Même si elle présentait peu de risque d’échec, les autoroutes générant une remontée de dividendes sûre, l’opération améliore tout de même la visibilité. La dette supportée par APRR et Eiffarie, sans recours sur la maison mère, fait d’Eiffage le groupe de BTP et de concessions le plus endetté en Europe. Sa dette nette représente, selon Credit Suisse, 7,3 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda) estimé pour 2011, contre environ 2,5 fois pour Vinci. Selon Eiffage, «cette opération qui fait suite à cinq émissions obligataires réalisées par APRR depuis janvier 2011 pour un montant total de 2,5 milliards d’euros, confirme sa capacité à lever de nouvelles ressources de financement tout en allongeant significativement la maturité moyenne de son endettement».
Ces points positifs ont néanmoins un coût. Eiffage ne donne pas d’indication chiffrée, avant l’annonce demain soir de ses résultats annuels. Néanmoins, alors que le coût de la dette d’Eiffarie devrait augmenter de 300 pb, par rapport aux 4,7% estimés par JPMorgan pour 2011, l’impact sur le résultat net du groupe de BTP pourrait atteindre 30%, selon ces mêmes analystes. Un ordre de grandeur partagé par Natixis. D’où la baisse de 3,41% du cours de l’action Eiffage hier, à 25,93 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Ericsson souffre de l’augmentation des prix des semiconducteurs
Le bénéfice d’exploitation ajusté de l’équipementier télécoms suédois a chuté de près de 20% d’un an sur l’autre au premier trimestre 2026. -
Les fonds d’obligations dans les pays émergents à la loupe #162
La performance moyenne de ces fonds sur douze mois est en baisse. Le contexte géopolitique ne plaide pas en leur faveur. Cependant, avec un univers d'investissement très hétérogène, quelques acteurs tirent leur épingle du jeu. -
Les dirigeants de PME-ETI françaises broient du noir
L’enquête Grant Thornton souligne une chute de confiance sur fond de tensions géopolitiques internationales.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- Faute de moteurs, Airbus réalise son pire début d'année depuis 20 ans
- Apple domine le marché mondial des smartphones au premier trimestre
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat -
Seine colèrePédophilie dans le périscolaire parisien : retour sur une coupable omerta
Deux poids, deux mesures. Dans un cas, le caractère confessionnel de Bettharam vaut circonstances aggravantes, dans l’autre, Anne Hidalgo bénéficie d’une mansuétude difficilement justifiable -
Patrimoine : dans son assurance-vie, faut-il miser sur des investissements dans le non-coté ?
Avec quelques centaines d’euros, vous pouvez désormais investir dans des entreprises n'étant pas présentes en Bourse. Ce que vous devez savoir avant de franchir le pas