Le refinancement des autoroutes va peser sur le bénéfice d’Eiffage

Le groupe a refinancé les 3,5 milliards de dette d’Eiffarie et d’APRR. Un plus pour sa visibilité mais qui amputera d’environ 30% son résultat net
Olivier Pinaud

Eiffage a tenu son engagement. Ouvertes l’an dernier, les discussions pour le refinancement de la dette d’acquisition de son activité autoroutière, logée chez APRR et Eiffarie, viennent d’aboutir. Cette dette avait été contractée en 2006 lors du rachat, avec Macquarie, des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, quelques mois après leur privatisation.

Le refinancement porte sur un montant total de 3,5 milliards d’euros. Il est constitué de deux tranches : une ligne «revolver » chez APRR de 0,7 milliard d’euros, de maturité 5 ans et portant intérêt à Euribor +150 points de base (pb) ; un crédit structuré chez Eiffarie d’un montant de 2,8 milliards d’euros, également à 5 ans, et portant intérêt à Euribor +300 pb. Cette dernière ligne comporte deux clauses dites de «step-up» qui augmenteront la marge de 50 pb en 2015 et de 50 pb en 2016. A l’origine, la dette d’acquisition chez Eiffarie se montait à 3,8 milliards d’euros et a été diminuée à 2,8 milliards grâce aux dividendes versés par APRR et aux émissions obligataires réalisées en 2011.

Même si elle présentait peu de risque d’échec, les autoroutes générant une remontée de dividendes sûre, l’opération améliore tout de même la visibilité. La dette supportée par APRR et Eiffarie, sans recours sur la maison mère, fait d’Eiffage le groupe de BTP et de concessions le plus endetté en Europe. Sa dette nette représente, selon Credit Suisse, 7,3 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda) estimé pour 2011, contre environ 2,5 fois pour Vinci. Selon Eiffage, «cette opération qui fait suite à cinq émissions obligataires réalisées par APRR depuis janvier 2011 pour un montant total de 2,5 milliards d’euros, confirme sa capacité à lever de nouvelles ressources de financement tout en allongeant significativement la maturité moyenne de son endettement».

Ces points positifs ont néanmoins un coût. Eiffage ne donne pas d’indication chiffrée, avant l’annonce demain soir de ses résultats annuels. Néanmoins, alors que le coût de la dette d’Eiffarie devrait augmenter de 300 pb, par rapport aux 4,7% estimés par JPMorgan pour 2011, l’impact sur le résultat net du groupe de BTP pourrait atteindre 30%, selon ces mêmes analystes. Un ordre de grandeur partagé par Natixis. D’où la baisse de 3,41% du cours de l’action Eiffage hier, à 25,93 euros.

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