Le recentrage d’Alstom dans le ferroviaire s’annonce prometteur
Bientôt recentré sur son pôle transport, Alstom semble engagé sur de bons rails après avoir nettement amélioré sa rentabilité sur son exercice clos le 31 mars dernier. Une exécution sans accroc des contrats et les effets positifs de son plan de réduction des coûts ont fait progresser en un an sa marge opérationnelle de 50 points de base à 5,2%. Ceci reflète une hausse de 18,7% du résultat opérationnel à 319 millions d’euros, tandis que le chiffre d’affaires a augmenté de 7,6% à 6,16 milliards (+7% en croissance organique). Les analystes tablaient en moyenne sur un résultat opérationnel de 247 millions et un chiffre d’affaires de 6,29 milliards.
Le résultat net des activités poursuivies, déficitaire de 819 millions d’euros, a été affecté par plusieurs éléments exceptionnels. Outre la provision de 720 millions destinée à couvrir l’accord conclu avec le département américain de la Justice pour l’affaire de corruption, Alstom a déprécié de 90 millions d’euros certains titres de participation dans des sociétés russes et passé des charges de restructuration de 100 millions. Si le cash-flow libre est resté négatif (-429 millions) sur l’ensemble de l’exercice, il a comme prévu été nettement positif (+947 millions) au second semestre. «Le cash-flow libre des activités poursuivies, avant frais financiers et impôts, s’est élevé à 77 millions en année pleine», précise Alstom.
Sur les 10 milliards d’euros de commandes enregistrées au cours de l’exercice écoulé, 4 milliards proviennent d’un contrat passé avec l’entreprise publique ferroviaire Prasa en Afrique du Sud. Totalisant 28 milliards d’euros, le carnet de commandes représente 55 mois d’activité. Le PDG Patrick Kron a confirmé sa prévision d’une croissance annuelle organique de 5% du chiffre d’affaires à moyen terme, accompagnée d’une amélioration graduelle de la marge opérationnelle «dans la fourchette de 5-7%».
Concernant la cession du pôle Energie à General Electric pour 12,4 milliards d’euros, Patrick Kron anticipe «une clôture de l’opération dans les mois à venir».
Si aucun dividende ne sera proposé au titre de l’exercice écoulé, «après la réalisation de l’opération, nous prévoyons de convoquer une assemblée générale pour voter sur le montant du produit de cession qui sera attribué aux actionnaires», a ajouté le dirigeant. Le montant précédemment évoqué de 3,5 à 4 milliards d’euros devrait être redistribué via une offre publique de rachat d’actions.
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