Le rapport de sûreté nucléaire ne chamboule pas les investissements d’EDF
Dévoilé hier, le rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur la sécurité des 79 installations nucléaires françaises, dont les 58 réacteurs en fonctionnement, se révèle moins coûteux que redouté pour EDF. D’une part, le producteur d’électricité ne devra pas fermer la centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France, en fonctionnement depuis 1978. Ce qui lui évitera de subir un manque à gagner d’excédent brut d’exploitation de l’ordre de 275 millions d’euros par an, en plus des charges de fermeture.
D’autre part, la grande majorité des investissements de sûreté demandés par l’ASN avait été anticipée par l’électricien après l’accident de la centrale de Fukushima en mars 2011 au Japon.
La direction d’EDF a ainsi maintenu hier sa fourchette de 40 à 50 milliards d’euros d’investissements qu’elle avait arrêtée en juillet 2011 dans le but de prolonger de 10 ans la durée de vie des réacteurs, jusqu'à 60 ans. En raison des exigences de l’ASN, le montant définitif d’investissement sera certainement plus proche des 50 milliards que des 40 milliards, reconnaît le groupe, mais aucun surcoût complémentaire ne devrait être programmé. «Cela ne révolutionne pas et ne bouleverse pas le montant d’investissements que nous avions quantifié», assure Jean-Marc Miraucourt, directeur de l’ingénierie du parc nucléaire d’EDF. En 2011, les investissements de maintenance nucléaire en France ont été de près de 2 milliards d’euros. Le groupe a prévu de les porter entre 3,4 et 4 milliards d’euros en 2015.
En revanche, les demandes de l’ASN devraient bousculer le calendrier. L’Autorité a donné six mois à EDF et aux autres exploitants d’installations atomiques pour lui présenter les mesures prévues en cas de catastrophe majeure. Ils devront par exemple installer des groupes électrogènes supplémentaires d’ici 2018 sur chaque site, au lieu de s'étaler sur une période plus longue.
EDF prévient toutefois que la hausse des investissements par rapport à ce qu’il envisageait avant Fukushima entraînera un surcoût pour l'électricité produite par ses centrales nucléaires: de 46 euros le mégawatt-heure avant Fukushima, le prix pourrait monter jusqu’à 50 euros. «Je vois mal par quel miracle des investissements de plusieurs milliards d’euros pourraient ne pas se traduire par un changement du prix de revient», a reconnu hier le président de l’ASN, André-Claude Lacoste. De quoi alimenter le débat sur le nucléaire à l’approche des élections présidentielles.
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