Le raffineur suisse Petroplus aura du mal à éviter la faillite
Le spectre de la faillite se rapproche pour Petroplus. Le premier raffineur indépendant européen a annoncé hier que les négociations menées depuis plusieurs semaines avec ses banques pour qu’il retrouve un accès au crédit avaient échoué. Les prêteurs ayant émis un préavis de remboursement anticipé sur sa ligne de crédit renouvelable d’un milliard de dollars gelés fin décembre, cela entraîne un défaut technique de paiement sur des emprunts seniors et des obligations convertibles émis par sa filiale Petroplus Finance, pour un montant global de 1,75 milliard de dollars (1,35 milliard d’euros).
Le conseil d’administration va donc déclarer le groupe insolvable et déposer une demande de «sursis concordataire», ce qui lui permet selon le droit suisse d’être temporairement à l’abri de ses créanciers. Des démarches similaires seront menées dans les autres pays européens où il est implanté. L’objectif principal est désormais «d’assurer l’arrêt des opérations en toute sécurité et de conserver de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes». Le directeur général Jean-Paul Vettier précise que les efforts entrepris n’ont pas débouché sur un résultat positif «étant donné le contexte très tendu des marchés du crédit et du raffinage pétrolier en Europe».
Le cabinet d’audit et de conseil PwC, qui vient d’être nommé administrateur judiciaire des actifs britanniques de Petroplus, a indiqué vouloir «poursuivre l’exploitation de la raffinerie de Coryton et celle de l’unité de stockage de Teeside jusqu’à ce que la situation financière du groupe soit clarifiée». Alors que les livraisons en provenance de cette raffinerie ont été suspendues, un processus de vente du site français de Petit-Couronne a été engagé dès la semaine dernière. Ceux d’Anvers en Belgique et de Cressier en Suisse font également l’objet d’un examen stratégique. Seule la raffinerie d’Ingolstadt en Allemagne opère encore à la moitié de ses capacités.
L’action s’est effondrée de 84% à 0,24 franc suisse, ramenant la capitalisation boursière du groupe à moins de 19 millions d’euros. Martin Schreiber, analyste à la banque cantonale de Zurich, juge «pratiquement impossible de déterminer le montant qui reviendra aux actionnaires». Il sera de toute façon très faible, puisque les actionnaires seront servis après le personnel de l’entreprise, les établissements bancaires et les détenteurs d’obligations.
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