Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
Le trio propose désormais 20,35 milliards d’euros pour une large partie des actifs d’Altice France. Bouygues Telecom obtiendrait la plus grande part avec 42%.
Le consortium des opérateurs de télécommunications Bouygues Telecom, Orange et Free-Groupe iliad a annoncé vendredi entrer en négociations exclusives avec Altice pour lui racheter SFR.
A la suite du processus d’audit préalable engagé cette année, «Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange annoncent la remise d’une nouvelle offre et entrent en négociations exclusives avec le groupe Altice France en vue de l’acquisition de SFR», ont indiqué les trois opérateurs dans un communiqué commun.
Cette nouvelle offre porte sur un montant total de 20,35 milliards d’euros en valeur d’entreprise pour les actifs d’Altice France concernés. La répartition du prix et de la valeur serait de l’ordre de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe iliad et 27% pour Orange.
Le périmètre de l’opération englobe la plupart des actifs d’Altice France, mais exclut les participations dans les sociétés ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services, ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d’outre-mer.
Exclusivité jusqu’au 15 mai
En octobre dernier, Altice avait rejeté l’offre commune présentée par Bouygues Telecom, Orange et Free-Groupe iliad pour reprendre une grande partie des actifs d’Altice France, dont l’opérateur de téléphonie mobile et Internet SFR, évalués à 17 milliards d’euros en incluant la dette.
Altice France a octroyé une période d’exclusivité au consortium jusqu’au 15 mai 2026 afin de finaliser les termes et la documentation de la transaction. Celle-ci sera soumise à la consultation préalable des instances représentatives du personnel. Elle devra ensuite obtenir l’approbation des autorités compétentes, notamment au titre du contrôle des concentrations.
Dans le cadre de l’opération envisagée, l’activité «B2C», qui comprend notamment la téléphonie mobile de SFR pour les particuliers, serait partagée entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, tandis que la partie «B2B» dédiée aux entreprises serait reprise par Bouygues Telecom. Les autres actifs et ressources, notamment les infrastructures et les fréquences, seraient partagés entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, à l’exception du réseau mobile de SFR en zone non dense qui serait repris par Bouygues Telecom.
Le partage de SFR entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, et donc la réduction à trois du nombre d’opérateurs télécoms en France, présenterait plusieurs avantages selon les membres du consortium. Cela leur permettrait de renforcer les investissements dans la résilience des réseaux très haut débit, dans la cybersécurité, mais aussi dans l’innovation et les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle. Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange espèrent également consolider la maîtrise d’infrastructures stratégiques pour le pays et préserver un écosystème concurrentiel au bénéfice des consommateurs.
«Il n’y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée», ont rappelé les parties.
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