Le rachat de DirecTV par AT&T inquiète les autorités de la concurrence
AT&T risque d’avoir à croiser le fer contre les différentes autorités des Etats-Unis pour mener à bien son projet de rachat de DirecTV annoncé en mai dernier pour 48,5 milliards de dollars. Les ministres de la justice de plusieurs Etats du pays se sont joints à l’enquête ouverte par le département de la Justice américain sur d’éventuelles violations de la loi sur la concurrence.
L’Attorney general de la Floride a reconnu faire partie de la procédure. La Californie et l’Etat de New York seraient également impliqués. La Federal Communications Commission (FCC) mène son enquête en parallèle. «Nous allons poursuive nos discussions avec les différents ministres concernés afin d’expliquer les bénéfices générés par la fusion pour le consommateur», a indiqué à Reuters un porte-parole de AT&T. Vendredi, le directeur général de DirecTV, Mike White, a réaffirmé espérer un feu vert des autorités au début du mois d’avril 2015.
Le projet de rachat de DirecTV par l’opérateur de télécoms a soulevé plusieurs questions. Dans la connexion aux services de télévision d’une part. La réception satellitaire de DirecTV constitue une solution alternative pour de nombreux câblo-opérateurs locaux face à U-Verse, le câblo-opérateur d’AT&T, accessible pour près d’un quart des foyers américains. Une fois DirecTV intégré à AT&T, les opérateurs locaux pourraient se retrouver évincés du marché. Par ailleurs, en s’appuyant sur le service par satellite de DirecTV, AT&T pourrait être tenté de réduire ses investissements dans le déploiement du très haut débit.
Second sujet de préoccupation: les contenus. Plusieurs sociétés de production se sont inquiétées de la puissance d’achat du nouvel acteur fusionné et de sa capacité à peser sur les choix de création en raison de la taille de son réseau de distribution.
Ces préoccupations sont renforcées par l’autre grand projet de rapprochement en cours dans le câble, entre Comcast et Time Warner Cable. Dès son annonce au mois de mai, plusieurs représentants et sénateurs s’étaient émus d’un risque de position dominante. Le projet est toujours entre les mains de la justice et de la FCC.
L’opposition des autorités avait eu raison fin 2011 du projet de rachat de T-Mobile US par AT&T. L’opérateur avait été contraint de verser 6 milliards de dollars en compensation à T-Mobile. Cette fois, AT&T a pris ses précautions : en cas de veto, il ne versera aucune indemnité à DirecTV.
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