Le promoteur non coté Réalités lance la première IBO «high yield»
A l’heure de la raréfaction du crédit bancaire et de la désintermédiation, la procédure d’IBO (initial bond offering) offerte par Nyse Euronext depuis l’été dernier séduit de plus en plus. Jusqu’alors, seules des sociétés cotées (Capelli et Homair Vacances) avaient utilisé cette procédure d’émission obligataire ouverte à tous. Aujourd’hui, Réalités, promoteur de logements neufs dans le Grand Ouest de la France, est la première société non cotée à lancer une IBO.
Réalités compte lever de 5 à 10 millions d’euros sur six ans, en offrant un rendement annuel brut de 9%. Une rémunération particulièrement attractive, liée au risque élevé que présente la société, notée «BB-» par Scope Rating. Soit la première IBO high yield. A titre de comparaison, en novembre dernier, Capelli, noté «BBB» par Scope Rating, avait levé 11,7 millions d’euros (15 à 17 millions espérés initialement) à cinq ans pour un rendement brut de 7%. Au mois d’avril, Homair Vacances, noté «BBB-» par Scope Rating, a levé 15 millions (pour une fourchette de 5 à 20 millions), à six ans, pour un rendement brut de 6,5%.
L’offre, dirigée par Portzamparc (comme pour Homair), est ouverte du 3 au 28 juin, pour un résultat le 9 juillet.
Le produit de l’émission sera consacré en priorité, à hauteur de 3,8 millions d’euros, au refinancement des obligations existantes arrivant à maturité dans les 19 prochains mois, à hauteur de 3,5 millions au financement des programmes du groupe, à hauteur de 3,5 millions à la substitution d’une partie significative du co-investissement pour réintégrer du résultat net. Un objectif ambitieux de près de 11 millions au regard de la fourchette indicative de 5 à 10 millions. Si le seuil de 5 millions n’était pas atteint, l’offre serait annulée. Or, «si aucun fonds n’était levé […] Réalités sera probablement conduit à annuler des projets profitables afin de limiter les montants à investir», prévient l’émetteur.
En 2012, Réalités, dont le capital est contrôlé par le fonds américain Lexin Capital (42,2%), a dégagé une marge brute de 7 millions d’euros et un résultat net de 0,6 million, pour un chiffre d’affaires de 42 millions (+44% en un an). Sur les quatre premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires a crû de 19% à 17,4 millions. Pour 2013, le promoteur anticipe une hausse de 20% de ses ventes.
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