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Le projet de rapprochement avec OneWeb fait chuter Eutelsat en Bourse
Le projet de rapprochement avec OneWeb fait chuter Eutelsat en Bourse
La nouvelle entreprise formerait le premier opérateur satellite multi-orbites et serait détenue à 50/50 par les actionnaires d’Eutelsat et de OneWeb.
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Dimitri Delmond, Agefi-Dow Jones
A la peine en Bourse depuis plusieurs années, Eutelsat perd plus de 60% en cinq ans.
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L’opérateur de satellites Eutelsat a annoncé avoir engagé des discussions avec ses co-actionnaires dans le fournisseur britannique d’accès à Internet à haut débit OneWeb, en vue d’un éventuel rapprochement des deux entreprises par échange d’actions.
«Il n’y a aucune garantie que ces discussions aboutissent à un accord», a prévenu dans un communiqué Eutelsat, qui «informera le marché de tout nouveau développement en temps utile».
A la Bourse de Paris, cette annonce entraîne un sévère décrochage de l’action Eutelsat, qui accuse lundi le plus net repli de l’indice SBF 120 en chutant de 15,8% à 8,78 euros. En effet, l’opération envisagée serait défavorable aux actionnaires de l’opérateur satellitaire français, qui détient déjà 23% du capital de OneWeb. La transaction serait structurée comme un apport, par les actionnaires de OneWeb, de leur participation dans la société britannique à Eutelsat, en échange d’actions Eutelsat nouvellement émises, selon le projet présenté lundi. A l’issue de l’opération, les actionnaires d’Eutelsat et de OneWeb détiendraient chacun 50% des actions de l’entité fusionnée.
«Cela signifie que les actionnaires d’Eutelsat vont être dilués pour ne posséder que la moitié d’une nouvelle société dont le modèle économique n’est pas connu», s'étonne un analyste basé à Londres qui se dit «bien incapable de construire un modèle de valorisation pour la future entité compte tenu du peu d’informations détenues à ce stade».
Un dossier «politique»
Pouvant constituer un risque autant qu’une opportunité, le projet de fusion des deux entreprises revêt également «une importante dimension politique», relève Berenberg. A ce jour, l’Etat français est le principal actionnaire d’Eutelsat, dont il détient 20% du capital par l’intermédiaire de Bpifrance, tandis que le gouvernement britannique possède 18% des parts de OneWeb depuis qu’il en a piloté le sauvetage en 2020.
A l’issue de la fusion, les Etats français et britannique devraient chacun détenir 10% du capital de la nouvelle entité et bénéficier d’un siège à son conseil d’administration, a indiqué une source proche du dossier à l’agence Agefi-Dow Jones. L’actuelle directrice générale d’Eutelsat, Eva Berneke, assumerait ces mêmes fonctions au sein de la future entité, qui sera cotée en Bourse à Paris et à Londres, a ajouté cette source.
Selon Eutelsat, «l’entité combinée serait le premier opérateur satellite multi-orbites et serait singulièrement positionné pour adresser le marché de la connectivité en plein essor, estimé à 16 milliards de dollars à horizon 2030». Le conflit armé en Ukraine a souligné un peu plus le caractère stratégique des communications par satellites, comme en témoigne le support apporté récemment par les groupes nord-américains MDA et SpaceX à l’effort de guerre de Kiev. Dans cette optique, la complémentarité d’Eutelsat, doté d’actifs géostationnaires, et de OneWeb, qui se consacre aux satellites en orbite basse, paraît en théorie prometteuse.
Romain Pierredon, analyste chez AlphaValue, prévient toutefois que «ramener OneWeb à la rentabilité nécessitera de lourds investissements et réclamera plusieurs années de patience». «La logique de la transaction semble être l’utilisation de la robuste génération de trésorerie d’Eutelsat pour compléter et améliorer les plans d’investissement de OneWeb, qui fournira la croissance nécessaire, bien qu’au prix d’une forte intensité capitalistique», étaye Société Générale.
Berenberg estime qu’Eutelsat devrait publier le 3 août prochain un bénéfice net de 276 millions d’euros au titre de son exercice 2021-2022, qui s’est achevé fin juin dernier, après déduction de la quote-part des pertes de OneWeb estimée à 45 millions d’euros.
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