Le prix de la Saur empoisonne les relations entre Séché Environnement et le FSI
Il y a de l’eau dans le gaz entre Séché Environnement et le Fonds stratégique d’investissement (FSI), son premier actionnaire institutionnel. A l’origine du conflit, le contrôle de la Saur, numéro trois français de l’eau derrière Suez et Veolia, dont le FSI et Séché sont les deux principaux actionnaires avec respectivement 38% et 33%. Un sujet sensible qui aurait valu à Jean-Yves Gilet, le directeur général du FSI, de se faire sermonner par L’Elysée, selon Les Echos.
Au cœur du bras de fer: l’option qui permettrait à Séché d’augmenter de 18% sa participation au capital de Hime, holding de tête de la Saur, pour atteindre la majorité. Cette option, octroyée en 2008 par la Caisse des dépôts avant que la participation ne soit transférée au FSI, court jusqu’au 26 mai 2012. Son prix est fixé: 130 millions d’euros majorés d’un montant assurant un taux de rendement de 8% au FSI, soit environ 177 millions d’euros en 2012. Ce prix confère une valeur de fonds propres de 983 millions d’euros à la Saur. Avec la dette de Hime (1,4 milliard), la valeur d’entreprise atteindrait 2,38 milliards, soit plus de 12 fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour 2011.
Pour la direction de Séché, ce multiple est totalement déconnecté des valorisations actuelles du secteur (8 fois par exemple pour Suez Environnement). «L’exercice de l’option dans les conditions de prix actuelles serait destructeur de valeur. Mais afin de refinancer dans de meilleures conditions la dette de Hime en 2014, Séché doit améliorer l’Ebitda de la Saur en développant les synergies avec ses activités dans les déchets», explique Nicolas Royot, analyste chez Portzamparc. Ce que permettrait l’atteinte de la majorité. Peu convaincu par ces synergies, le comité exécutif de la Saur serait opposé à un rachat par Séché, selon un courrier révélé par Reuters.
Séché négocie donc depuis des mois une baisse du prix avec les autres actionnaires de la Saur, le FSI, Axa PE et le fonds Cube. Mais le FSI n’est pas disposé à renoncer à la valeur de son option alors que sa ligne Séché est en moins-value. La CDC, qui détenait 5,6%, a acheté 8,47% supplémentaires en septembre 2006 à 110 euros par action. Puis, elle est montée à 20% début 2007 en exerçant des bons de souscription d’actions, alors que le cours de Séché était tout proche de son plus haut historique à 148 euros. Hier soir, l’action Séché valait 27,92 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Bertrand Kleinmann (TAE de Paris) : « Nous encourageons les chefs d'entreprise à pousser la porte du tribunal dès les premières difficultés »
Dans l'entretien du mois, Bertrand Kleinmann, vice-président du Tribunal des activités économiques de Paris, analyse les défaillances d'entreprises et le rôle de sa juridiction dans la prévention et la détection de ces dernières. Avec notamment la création d'une cinquième chambre de procédures collectives en 2026. -
Forvia confirme sa feuille de route pour 2026
Au troisième trimestre, les ventes de l'équipementier automobile ont moins reculé que celles du marché. Il vise toujours un chiffre d'affaires compris entre 20 et 21 milliards d'euros cette année. -
Alstom coupe à la hache dans ses objectifs annuels
En raison de difficultés rencontrées dans un programme de trains régionaux, le groupe a fortement réduit ses ambitions pour son exercice décalé 2026-2027.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
« Aucun de nous n’est en situation d’être au second tour » : Gabriel Attal défend sa primaire malgré l’opposition d’Edouard Philippe
Malgré son recul dans les intentions de vote, le président d'Horizons a refusé dimanche soir la proposition de son homologue de Renaissance d’organiser un scrutin pour départager les candidats de la droite et du centre -
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 2 novembre ?
Le salon EquipHotel, rendez-vous des professionnels de l’hôtellerie, ouvre aujourd’hui ses portes jusqu’au 5 novembre, la maison Gervais Chardin, fondée en 1754, renaît avec six eaux de parfum, Arnaud Lallement signe un nouveau volume des « Recettes originales » chez Robert Laffont… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Les femmes sont-elles l’avenir du luxe ?
Pendant des décennies, le luxe ciblait la gent féminine sans vraiment lui donner la parole. Les femmes étaient les muses des campagnes publicitaires, les silhouettes des défilés, les destinataires supposées des sacs, des bijoux ou des parfums. Si elles inspiraient le récit, elles l’écrivaient rarement. Mais ça, c’était avant.