Le président de ThyssenKrupp résiste à la fronde des actionnaires
Gerhard Cromme, a reconnu ses erreurs. Mais le président non exécutif de ThyssenKrupp a refusé de démissioner lors de l’assemblée générale du groupe vendredi, malgré la pression de certains actionnaires. Le cabinet de conseil en vote ISS avait notamment recommandé de ne pas donner quitus au conseil de surveillance. «Nous avons trop attendu, nous aurions dû réagir plus vite», a reconnu Gerhard Cromme au sujet des pertes subies par le groupe aux Etats-Unis. Mais, le président, en poste depuis 2001, a préféré rejeter une partie de la responsabilité, estimant qu’un «certain nombre d’hypothèses et de chiffres utilisés par le comité exécutif se sont avérés trop optimistes». La moitié des membres du directoire ont été limogés fin 2012. Les membres du conseil de surveillance ont accepté de diviser par deux leur rémunération au titre de l’exercice écoulé.
Le déploiement du sidérurgiste allemand aux Amériques (Etats-Unis et Brésil), pour lequel il a investi 9 milliards d’euros, est un échec cuisant. Sur l’exercice clos fin septembre 2012, ThyssenKrupp a enregistré une perte nette de 4,7 milliards d’euros, affecté notamment par une dépréciation de 3,7 milliards sur Steel Americas, et ne versera donc pas de dividende. Cette division américaine s’est en outre enfoncée dans le rouge, affichant une perte opérationnelle (Ebit) de 4,7 milliards d’euros.
Lors de l’AG, le groupe allemand a confirmé que la cession de ses actifs aux Etats-Unis et au Brésil était en cours et devrait être conclue avant la fin septembre 2013. Selon les rumeurs de presse, Arcelor-Mittal aurait offert 1,5 milliard de dollars pour l’usine d’Alabama, comme l’américain Nucor. Toutefois ce dernier ne paraît pas avoir la flexibilité financière nécessaire pour une telle opération. Le brésilien CSN aurait pour sa part proposé 3,8 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros) pour ce site et pour une participation majoritaire dans le site brésilien CSA. Après les récentes dépréciations, Steel Americas n’est plus valorisé que 3,9 milliards d’euros dans les comptes de ThyssenKrupp. Or, les offres actuelles sous-entendent que le groupe allemand devra encore passer pour 1 milliard d’euros de dépréciations. Toutefois, le processus d’appel d’offres est encore à ses débuts et «nous voyons des ajustements à la hausse, particulièrement pour les actifs américains», note UBS.
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