Le PDG d’Altran dénonce une prise de contrôle rampante
D’un côté un PDG qui dénonce une prise de contrôle. De l’autre, un actionnaire principal qui crie à la prise d’otage. Le conseil d’administration d’Altran est à feu et à sang depuis qu’Apax a dévoilé mercredi son intention de proposer lors de l’assemblée générale du 10 juin la nomination de deux administrateurs supplémentaires dont un, Philippe Salle, appelé à remplacer le PDG Yves de Chaisemartin. «Apax n’explique pas les raisons de ce changement totalement à contretemps, alors que la société est en redressement, et alors qu’il a soutenu ma stratégie jusque-là », indique à L’Agefi Yves de Chaisemartin.
Mais même avec 31% des droits de vote, ce qui lui assure la majorité en AG, et une possible majorité au conseil, Apax réfute toute prise de contrôle. «Sa participation provient d’une augmentation de capital de 130 millions d’euros que le fonds a garantie en 2008 et d’un pacte conclu avec les fondateurs d’Altran. L’opération avait été visée par l’AMF et entérinée par les actionnaires en AG. Depuis, la position d’Apax n’a pas changé», explique une source proche du fonds.
Yves de Chaisemartin a été prévenu le 9 février 2011 de la volonté d’Apax de lui trouver un successeur pour accélérer le déploiement à l’étranger. Mais «il a refusé», assure cette source. Proposée mercredi matin au conseil, sa révocation a été refusée. Sur les huit administrateurs votants, quatre soutiennent Apax (les deux représentants du fonds et les deux représentants des fondateurs). Trois appuient Yves de Chaisemartin qui, compte tenu de son statut de PDG, dispose d’une voix prépondérante en cas d’égalité. «Il verrouille ainsi le conseil d’administration», se plaint Apax qui estime que le recours à l’AG est le seul moyen de débloquer la situation.
En faisant élire deux nouveaux administrateurs, Apax serait assuré d’avoir cinq administrateurs sur dix de son côté. Et aurait la majorité avec la voix de Philippe Salle, le deuxième nouvel administrateur, même si le fonds assure que ce dernier, promis à devenir PDG, n’a jamais travaillé pour lui. «Je proposerai une liste de candidats au conseil , qui pourra être composée d’investisseurs institutionnels et d’indépendants. Les actionnaires minoritaires, ceux qui détiennent les 70% des droits de vote décideront», indique à L’Agefi Yves de Chaisemartin.
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