Le numéro un japonais de la pharmacie prend pied en Europe

Takeda serait selon Bloomberg en négociations avancées pour le rachat du suisse Nycomed, qui exigerait plus de 10 milliards d’euros
Benoît Menou

Au poker mondial de la pharmacie, Takeda Pharmaceutical abat une nouvelle carte. Bloomberg croit en effet savoir cette nuit de plusieurs sources proches des négociations que le numéro un japonais du secteur est en négociations avancées pour mettre la main sur son concurrent suisse Nycomed. La porte-parole de Takeda Hisako Nagata a souligné qu’il n’était pas dans l’habitude du groupe de commenter les rumeurs de marché. Son homologue chez Nycomed Tobias Cottmann a également refusé de commenter la nouvelle.

Le montant de l’opération pourrait dépasser 8 milliards d’euros, un montant correspondant à une offre du prétendant nippon, voire 10 milliards, un montant correspondant selon Reuters aux exigences minimales de la cible helvétique. Une annonce officielle de l’opération pourrait intervenir dès la semaine prochaine. Si toutefois les pourparlers aboutissent.

Nycomed est détenu conjointement par Nordic Capital et par l’entité de private equity de Credit Suisse. En prenant le contrôle du groupe zurichois, Takeda, principal laboratoire pharmaceutique en Asie, renforcerait encore son assise au sein des marchés émergents. Les principaux marchés pour Nycomed sont la Russie et le Brésil, devant l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Alors que Nycomed a déjà réalisé 39% de ses ventes de 3,17 milliards d’euros au sein des pays émergents l’an passé, il souhaite voir cette part grimper à 60% d’ici 2015, selon son directeur général Hakan Bjorklund.

Cet argument d’expansion sur les marchés émergents a justement été mis en avant hier encore par le directeur général Yasuchika Hasegawa. Takeda a réalisé 86% de son chiffre d’affaires au Japon et en Amérique du Nord au cours de l’exercice fiscal écoulé. Le groupe nippon a fait part hier de sa crainte de voir son chiffre d’affaires mondial reculer au cours des prochaines années, pour atteindre un point bas en 2014 du fait de la concurrence acharnée des médicaments génériques, particulièrement à l’encontre de son produit vedette contre le diabète, Actos.

Pour repartir de l’avant, Takeda n’a pas exclu hier devoir avoir recours à la croissance externe. Avec Nycomed, il aurait «une chance de se diversifier» selon l’analyste Hiroshi Tanaka chez Mizuho Securities. Le laboratoire japonais dispose pour ce faire au 31 mars dernier de 874,2 milliards de yens, l’équivalent de près de 7,6 milliards d’euros, en liquidités et placements à court terme.

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