Le nouveau DG de Sony promet de bouleverser le groupe pour le relancer
La force du yen fait des ravages sur les sociétés japonaises. En témoigne la perte nette de 220 milliards de yens, soit environ 2 milliards d’euros, anticipée par Sony pour l’année fiscale 2011 qui s’achève fin mars. Un chiffre plus de deux fois supérieur à la prévision initiale de perte de 90 milliards et 50% plus élevé que les 147 milliards prévus par le consensus Bloomberg. Ce sont 159 milliards de pertes que le géant nippon de l'électronique a dû encaisser sur les 9 premiers mois de l’année fiscale contre 43 milliards anticipés par le consensus et un profit de 172,3 milliards un an plus tôt, affecté par un recul des ventes de 17,4% à 1.822 milliards. Le cours de Sony a chuté de 2,6% à la clôture de la séance de Tokyo hier, juste avant l’annonce, et de 53% sur les douze derniers mois.
«Si les taux de change du dollar et de l’euro vis-à-vis du yen n’avaient pas changé, le chiffre d’affaires aurait perdu 8%», a précisé le groupe. Toshiba avait prévenu que l’effet devise pourrait amputer son résultat opérationnel de 40 milliards de yens et Sharp a dit mercredi s’attendre à une perte record de 3,8 milliards de dollars. La devise a gagné 9% contre euro et 5,5% contre le dollar l’année dernière, et s’est envolée de 30% contre dollar sous l’ère d’Howard Stringer, le DG sur le départ après 6 ans à la tête du groupe.
Moody’s et Fitch ont toutes deux dégradé la note de Sony, mettant à l’index les faiblesses de l’activité des téléviseurs. En novembre, le groupe s’attendait déjà à une perte de 175 milliards sur ce segment, pourtant rentable pour ses concurrents Samsung et LG Electronics. La cession en janvier des 50% détenus dans sa coentreprise avec Samsung Electronics a conduit à une perte pour dépréciation de 63,4 milliards de yens.
Un lourd héritage pour le nouveau directeur général dont la prise de fonction le 1er avril ouvrira une nouvelle ère. Kazuo Hirai, qui s’est taillé une solide réputation au sein du groupe en redressant la division de jeux PlayStation, a fixé ses objectifs dans un communiqué publié hier. «Retrouver la croissance de nos activités électroniques cœur – images digitales, smartphones et jeux -; redresser les activités de télévision; et accélérer l’innovation qui nous a permis de créer de nouveaux domaines d’activités». Pour ce faire, il prévoit une réduction drastique des coûts et un bouleversement de la structure de l’entreprise.
Plus d'articles du même thème
-
La Bourse sanctionne le gouffre financier de l'IA
Les déceptions du troisième trimestre parmi les hyperscalers et l’avertissement d’Intel ont ponctué un nouveau mois difficile pour le secteur tech. Une rotation est à l’œuvre tandis que les investisseurs cherchent refuge auprès des emprunts d’Etat. -
Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
Le S&P 500 pourrait encore gagner 9% sur un an, comme la Bourse japonaise et l’indice paneuropéen. En revanche, le CAC 40, seul de ces indices en recul depuis le début de l’année, ne dispose que d’un potentiel de 6%. -
Les panels parient sur au moins deux hausses des taux Fed
Les panélistes interrogés par L’Agefi n’ont pas modifié leurs attentes de taux pour les quatre grandes géographies par rapport à fin septembre. Ils renforcent légèrement le dollar.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Winter is comingCroissance, dette : la France perd pied
« La France est à l'arrêt », constate le ministre des Finances, Roland Lescure. Les marges de manœuvre se réduisent : il faut contenir le déficit public alors que l'activité cale et les taux s'envolent -
EditoCrise énergétique et Budget : la France à l’heure d’hiver
Après les carburants, le gaz. Une autre crise énergétique est partie pour prendre de l’ampleur. Et démontre la nécessité d’affronter la réalité budgétaire d’un pays aux abois -
Derrière les effusions, ce que contient l’accord UE-Canada (et ce qu’il ne contient pas)
Les dirigeants canadiens et européens ont dévoilé vendredi l’ébauche de leur « alliance pour le futur » à l’issue d’un sommet de deux jours à Montréal. Il reste cependant de nombreux points à négocier et de potentiels litiges à lever au cours des prochains mois