Le modèle économique du streaming en voie de consécration
La migration des contenus depuis les supports matériels (VHS puis DVD, CD) vers des plates-formes digitales a accéléré la transformation de l’industrie musicale et cinématographique. Les artistes-interprètes et les producteurs, acteurs traditionnels du marché, sont rejoints par les plates-formes de service de vidéo et de musique en continu (streaming) avec pour enjeu principal le partage des revenus. Au point qu’un débat a eu lieu chez Twitter sur le rachat éventuel de Spotify.
L’Union des producteurs phonographiques indépendants (Upfi) estime que d’ici à 2018 le schéma du partage de la valeur sera profondément transformé. Selon eux, les plates-formes de streaming capteraient 15% du total des recettes aux dépens des magasins de disques (30% du marché actuellement). Les producteurs verraient leur part progresser de 3 points à 53 %, celle des artistes interprètes évoluerait de 11 points pour atteindre 20 %, et enfin les auteurs-compositeurs et éditeurs totaliseraient 15% des revenus générés (contre 8%).
Selon le rapport de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi), les revenus de la musique digitale sont passés de 4 milliards de dollars en 2008 à 5,9 milliards en 2013. Cette statistique illustre les effets de l’essor du streaming pour un secteur dont les revenus tous supports confondus ont perdu 3,9% à 15 milliards. La pénétration musicale sur les mobiles à l’échelle planétaire est passée de 13% en 2011 à 36% en 2013. «Les revenus provenant des souscriptions aux services musicaux ont progressé de 51,3% en 2013, excédant pour la première fois les 1 milliard de dollars et augmentant de manière consistante parmi les principaux marchés», ajoute la fédération. Les revenus publicitaires des plates-formes de streaming musical ont crû de 17,6% sur l’année, indique l’Ifpi, en précisant que «27% des revenus de l’industrie musicale proviennent des revenus du streaming et des publicités associées, en hausse par rapport aux 14% de 2011», et aux 9% de 2008.
Le potentiel de croissance de ces sites explique en grande partie leurs valorisations parfois très élevées : 4 milliards de dollars pour Spotify, 1 milliard pour Twitch, 5,5 milliards de capitalisation pour la web radio Pandora, ou encore l’entrée des trois majors nord-américaines au capital de Shazam. Le cabinet ABI Research estime que l’industrie du streaming musical pourrait atteindre 191 millions de souscripteurs et 46 milliards de dollars de revenus en 2018.
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