Le marché salue les discussions entre PSA et Fiat Chrysler
PSA et Fiat Chrysler Automobiles s’envolaient en Bourse ce matin, suite à la confirmation par les intéressés de discussions en vue d’un rapprochement, après un article du Wall Street Journal paru la veille au soir. «Suite aux récentes informations de presse sur le possible rapprochement de Groupe PSA et FCA Group, Groupe PSA confirme que des discussions sont en cours en vue de créer l’un des principaux groupes automobiles mondiaux», s’est borné à indiquer le constructeur français ce matin à l’aube – FCA publiant un communiqué quasiment identique.
La future entité, si les négociations allaient au bout, créerait un groupe de 50 milliards de dollars de capitalisation et le quatrième producteur automobile mondial derrière l’allemand Volkswagen, le japonais Toyota et l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.
A midi, le constructeur français s’adjugeait 6,5% à la Bourse de Paris (à 26,54 euros), tandis que son homologue italo-américain bondissait à Milan de 9% (à 12,81 euros). Le cours d’Exor, le holding de la famille Agnelli, qui contrôle FCA et dont l’on sait qu’il souhaite réduire son exposition au secteur automobile, progressait de 4,8% (65,12 euros). Les analystes considèrent pour l’essentiel que ce rapprochement est logique, entre un PSA très européen et un FCA très américain, qui doit restructurer son dispositif industriel en Europe et a sous-investi dans la technologie du véhicule électrique. PSA et FCA s’étaient déjà approchés informellement en mars dernier.
Renault est la victime collatérale de cette annonce : son titre reculait de 4% à 12h15. Le constructeur au losange a longtemps été en discussions avec FCA, mais elles avaient échoué en juin, FCA évoquant l’influence et la pesanteur de l’Etat français (qui détient 15% du capital de Renault) pour rompre les discussions. Bercy, qui voulait surtout préserver l’alliance, estimait qu’il fallait rassurer Nissan (qui n’avait pas été convié au démarrage des discussions) et avançait un motif financier sur la valorisation de Renault dans l’offre de FCA.
Le ministère de l’Economie et des Finances indique suivre «avec attention et ouverture les discussions engagées entre PSA et FCA». Sans le dire explicitement, il soutient le projet. «Ces discussions consacrent le redressement de PSA avec le soutien de l’Etat puis de la BPI sous la direction de Carlos Tavares. Elles confirment le mouvement de consolidation mondiale de l’industrie automobile, qui est nécessaire et dans lequel la France veut prendre toute sa place. Cette opération permettrait de créer le quatrième groupe mondial d’automobile pour faire face aux nouveaux défis de la mobilité. Les deux constructeurs français, avec leurs partenaires respectifs, se placeraient ainsi parmi les 4 premiers constructeurs mondiaux», poursuit-il.
Bercy affirme toutefois qu’il regardera plusieurs sujets avec attention au cours des négociations. «L’Etat sera particulièrement vigilant sur la préservation de l’empreinte industrielle, la gouvernance du nouvel ensemble, la préservation des intérêts patrimoniaux de la BPI et la confirmation de l’engagement du nouveau groupe sur la création d’une filière industrielle européenne de batteries», conclut-il.
Selon les représentants de la CFDT chez PSA, le directeur des ressources humaines, Xavier Chereau, a indiqué ce matin aux syndicats que le constructeur n’avait pas l’intention de fermer de sites si le rapprochement avait lieu avec FCA, rapporte l’agence Bloomberg.
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