Le marché salue le plan d’action de Schneider face à une Europe atone
Schneider Electric fait preuve d’humilité face à des «incertitudes» macroéconomiques mondiales qui «limitent la visibilité». Le fabricant d’équipements électriques n’en a pas moins publié des résultats 2011 en hausse et supérieurs aux attentes. De quoi rassurer Credit Suisse après les «déceptions» subies l’an passé. Le titre a gagné 5,98% hier à Paris à 50,70 euros.
Si en 2011 Schneider affiche en Europe (32% des ventes totales) une croissance organique de 1%, les ventes sont en repli de 3% sur le quatrième trimestre seul, au cours duquel «les résistances observées en France, au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves n’ont pas suffi à compenser l’impact négatif de la crise économique en Espagne et en Italie». Cet indicateur se situe l’an dernier à 15% en Asie-Pacifique, 10% en Amérique du Nord et 11% dans le «reste du monde». Le chiffre d’affaires annuel du groupe progresse ainsi de 8,3% en organique à 22,4 milliards d’euros. Mais face aux hausses de coûts, la marge opérationnelle d’Ebita ajustée (avant coûts d’acquisition et d’intégration) a cédé 0,5 point à 14,2% (tenant compte de l’intégration d’Arva Distribution en 2010).
L’«Europe de l’Ouest devrait peser sur la croissance» en 2012 selon le groupe, qui table en parallèle sur une «tendance à nouveau solide» au sein des marchés émergents et sur une «dynamique de reprise» en Amérique du Nord. Sur fond d’agressivité quant aux prix de vente, le directeur financier Emmanuel Babeau table sur un effet seulement «légèrement négatif» en 2012 de la hausse des prix des matières premières. Schneider envisage dès lors sur l’exercice en cours et «sauf changement important des conditions économiques» une croissance organique des ventes «nulle à légèrement positive» ainsi qu’une marge d’Ebita ajustée «entre 14 et 15%». Schneider a également tenu à faire preuve de prudence en termes de croissance externe.
Tenant compte de cette «année blanche», selon CM-CIC, Schneider entend bien afficher d’ici 2014 une marge opérationnelle comprise entre 13 et 17%, par le biais notamment de gains de productivité de 0,9 à 1,1 milliard d’euros sur la période. Ce qui implique une possible baisse de marge. Credit Suisse estime en effet que le groupe devra «lutter» pour dépasser ces objectifs étant donné les tensions inflationnistes sur les coûts et la croissance limitée du chiffre d’affaires.
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