Le marché salue la fin de la coûteuse aventure d’Ipsen dans l’hémophilie

Inspiration, partenaire du groupe français, se place sous le régime du chapitre 11. Ipsen devrait passer 120 millions d’euros de dépréciations
Bruno de Roulhac

Ipsen quitte l’hémophilie. Alors que son partenaire Inspiration vient de se placer sous protection du chapitre 11, le régime des faillites américain, Ipsen met fin à leur accord noué en janvier 2010 sous l’ère du président Bélingard. C’est «un pas en avant sur la voie d’une résolution d’une longue histoire, qui a été et est encore préjudiciable à Ipsen», note Bryan Garnier. Cette annonce «clarifie les perspectives d’Ipsen à court terme alors qu’Inspiration aurait eu besoin d’environ 100 millions de dollars de financement en 2013 et autant en 2014 pour finaliser le développement clinique de IB1001 et de OBI-1 et pour l’effort commercial initial», ajoute CA Cheuvreux. D’ailleurs, l’action rebondissait mercredi de 4,74% à 19,90 euros.

Ipsen et Inspiration proposent de vendre conjointement leurs actifs en hémophilie – notamment les droits commerciaux sur OBI-1 (hémophilie A) et sur IB1001 (hémophilie B) – dans un processus d’enchères. «Les quatre grands acteurs de l’hémophilie (Baxter, Bayer, Biogen, Novo) devraient regarder avec intérêt ces deux projets», note Natixis. Toutefois, «trouver un tiers acquéreur pour les actifs en hémophilie sera un défi compte tenu des problèmes avec IB1001 [suspension des essais cliniques par la FDA en juillet 2012, ndlr] et d’un marché de l’hémophilie déjà saturé», ajoute Kepler. Pour permettre à Inspiration de continuer son activité jusqu’à la vente de ses actifs, Ipsen lui accorde un financement de type «debtor-in-possession» (DIP) d’un montant maximum de 18,3 millions de dollars.

Avec 200 millions de dollars d’obligations convertibles d’Inspiration, Ipsen est le seul créancier senior d’Inspiration. Compte tenu de cette faillite, le laboratoire français estime qu’il devrait passer des dépréciations de l’ordre de 120 millions d’euros après impôts.

«En 2012, Ipsen avait deux principaux problèmes à résoudre: la médecine générale en France, et le partenariat avec Inspiration, poursuit Bryan Garnier. Les deux sont maintenant en bonne voie d’être pleinement traités et ainsi Ipsen va bientôt se concentrer sur ce qui est essentiel pour son avenir».

Le laboratoire vient de confirmer ses objectifs 2020, à savoir un doublement des ventes et un triplement du résultat opérationnel récurrent ajusté. Déjà en début de semaine, Ipsen avait relevé son objectif de croissance du chiffre d’affaires 2012 à 10%, le haut de sa fourchette initiale de 8 à 10%.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...