Le marché réagit mal à la révision en baisse des objectifs de Steria
Apple ou IBM ne sont pas les seuls à faire preuve d’une prudence accrue dans le secteur technologique. La SSII française Steria a en effet annoncé qu’elle tablait désormais pour le deuxième semestre sur une croissance organique «positive, d’un niveau cependant inférieur à celui initialement anticipé». Cela se traduira par une progression annuelle de seulement 1% de son chiffre d’affaires avec une marge opérationnelle «de l’ordre de 7%», contre une prévision de 7,3% confirmée mi-septembre par François Enaud, PDG de Steria. L’avertissement est «d’autant plus ennuyeux» que celui-ci «indiquait alors que les marges 2011 resteraient sous pression», rappelle le bureau d’analyse de CM-CIC Securities. L’action a plongé de 9,18% pour terminer à 21,015 euros hier.
C’est le Royaume-Uni, à l’origine de 39% du chiffre d’affaires au troisième trimestre, qui constitue pour la SSII le principal motif d’inquiétude à court terme. Malgré une progression organique de 5,9% de son activité à fin septembre, l’annonce d’un moratoire sur les dépenses nouvelles dans le secteur public «affectera les résultats du groupe au deuxième semestre». L’entreprise ajoute que la signature d’un accord avec le gouvernement britannique lui permet néanmoins d’anticiper pour 2011 «une évolution positive de ses activités» dans ce secteur.
Cette révision en baisse a éclipsé un chiffre d’affaires trimestriel globalement supérieur aux attentes, avec une progression organique de 5,2% à 402,8 millions d’euros qui fait suite à une stabilité de l’activité entre avril et juin. Les mois d’été ont bénéficié «d’un effet de comparaison favorable en particulier au Royaume-Uni et en France», explique la SSII. Dans l’Hexagone (31% du chiffre d’affaires), la croissance de 8% de l’activité s’est accompagnée d’une hausse du carnet d’affaires qui représentait à fin septembre «3 fois le chiffre d’affaires annuel projeté contre 2,1 fois un an plus tôt».
L’Allemagne (15% du chiffre d’affaires) a souffert de décalages de projets dans le secteur public et de retards dans la livraison de projets au secteur bancaire qui ont abouti à une contraction organique de 4,3% des ventes, tandis que le reste de l’Europe affiche une croissance de 7,7% grâce à l’Espagne en net redressement.
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