Le marché et les analystes ne souhaitent pas de changement chez Veolia
Quel capitaine pour Veolia Environnement ? Alors que les rumeurs se multiplient pour annoncer le départ d’Antoine Frérot, PDG du groupe, lors du conseil d’administration du 29 février qui doit valider les comptes 2011, rien n’est encore fait. L’idée même de cette éventuelle éviction est mal perçue par le marché. Le titre a perdu hier 3,09% à 9,29 euros, soit une chute de 62% sur un an, la plus forte du CAC 40.
De plus, quelle politique prônera l’éventuel futur patron de Veolia? Le 6 décembre, le groupe avait dévoilé une stratégie s’appuyant sur deux piliers: 5 milliards d’euros de cession d’actifs en deux ans (dont la vente de 50% de Veolia-Transdev), et 420 millions d’euros d’économies de coûts à horizon 2015. Ce «plan stratégique ambitieux […] nous semble inéluctable pour le groupe», note Natixis.
Fin septembre, le groupe affichait une dette nette de 15 milliards d’euros, conséquence des acquisitions de l’ère Henri Proglio, l’ancien PDG, toujours administrateur, et dont les relations avec Antoine Frérot se sont dégradées. De plus, cette stratégie «semble avoir été validée par le marché (même si les investisseurs ne sont peut-être pas prêts à la jouer vu le manque de visibilité à court terme)», ajoute Oddo.
Dans ces conditions, «un changement de management pourrait être mal perçu car les efforts de communication déployés par le groupe semblent commencer à porter leurs fruits (+12% contre le CAC 40 depuis le 23 janvier) en attendant la réalisation concrète des premières cessions», notait hier Natixis. Pour sa part, Cheuvreux percevrait «négativement» un tel changement, soulevant des questions concernant sa gouvernance, au regard des interactions complexes entre intérêts privés et politiques en France. Et là le bât blesse. Surtout si Jean-Louis Borloo, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, prenait les rênes du groupe. Ce dernier a démenti hier viser ce poste.
Quant à l’annonce la semaine dernière par Challenges du passage d’une provision de 300 millions d’euros sur la branche transports, qui devrait entraîner une perte nette de 200 millions d’euros pour 2011, elle est déjà intégrée par le marché, soulignent plusieurs analystes. Cheuvreux rappelle que la fusion Trandev-Veolia Transports a été réalisée sur la base d’un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda de 7, contre un multiple actuel «plus réaliste» de 5,5. Pour sa part, Natixis attend une perte nette de 328 millions, et Bryan Garnier une perte nette de 217 millions.
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