Le marché du crédit d’Alcatel-Lucent a retrouvé ses esprits

Le prêt de 2 milliards d’euros nanti sur les brevets du groupe a levé le risque de défaut à court terme de l'équipementier en télécoms
Olivier Pinaud

Alcatel-Lucent respire de nouveau. La signature définitive fin janvier d’un crédit sécurisé de 2 milliards d’euros nanti sur le portefeuille de brevets a relâché la pression qui régnait depuis des mois sur le marché du crédit de l’équipementier en télécoms. Alors qu’ils culminaient à plus de 1.600 pb en octobre 2012, les contrats de protection contre le risque de défaut du groupe (CDS) sont retombés à 650 pb fin janvier avant de très légèrement remonter par la suite.

Descendues à 82% du pair en juillet dernier, les obligations à échéance janvier 2016 cotent aujourd’hui 5 points au-dessus du pair. Les autres lignes obligataires ont suivi le même mouvement. Les fonds serviront à refinancer les différents échéances du groupe jusqu’en 2015 en intervenant notamment sur les différentes lignes obligataires ou convertibles à court et moyen termes.

La mise en place de ce crédit nanti sur la propriété intellectuelle du groupe a suscité de nombreux débats au sein de la direction et dans les différents cabinets ministériels. Mais il constituait sans doute le seul moyen de lever le risque de crédit qui gênait au quotidien les relations de l'équipementier avec ses clients et menaçait son activité. La faiblesse du cours de Bourse, largement en dessous de la valeur nominale de 2 euros, empêchait une émission d’actions nouvelles ou une nouvelle convertible. Et au vu des tensions du marché obligataire, une opération à un bon prix était impossible.

«Le nantissement des brevets, qui relève d’une sécurité standard pour ce type de transaction, a créé une priorité de remboursement, ce qui a rendu le crédit intéressant pour les investisseurs», explique une source proche du dossier. Sa taille, et sa réalisation aux Etats-Unis, marché nettement plus profond qu’en Europe, étaient également cruciales. «Il fallait que la taille du prêt soit suffisamment élevée pour offrir de la liquidité aux investisseurs et assurer au marché qu’il permettrait de sortir la société de la catégorie distressed», ajoute cette source.

Proposé avec un covenant financier, à la demande des banques qui garantissaient l’opération (Goldman Sachs et Credit Suisse), le prêt a finalement été placé sans cette clause, grâce à cette forte demande. Appelées à participer à la syndication du prêt, en échange de la fin de leur ligne de crédit revolving, les banques françaises ont finalement décliné, notamment en raison d’une force de vente insuffisante aux Etats-Unis.

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