Le marché craint un scénario catastrophe pour Renault-Nissan
En trois séances, Renault a perdu 1,3 milliard d’euros de capitalisation boursière, soit 11% de sa valeur, bien plus que tous les autres constructeurs automobiles européens. Volkswagen, le premier fabricant européen n’a cédé par exemple que 2%, PSA Peugeot Citroën un peu plus de 4%. Le groupe présidé par Carlos Ghosn paye sa forte exposition au marché japonais via son alliance avec Nissan dont il détient 44% du capital. «Avec une contribution à hauteur de 67% des résultats prévisionnels 2011 de Renault, la rentabilité de Nissan est déterminante pour la firme au losange», rappellent les analystes de Natixis. Selon eux, «une baisse de 10% du cours de l’action Nissan réduit de 6% la valorisation en somme des parties de Renault». Un rapport avéré. Depuis le tremblement de terre, le cours de l’action Nissan a chuté de 14%.
Nissan est pourtant moins dépendant que Toyota du marché japonais. Absorbant 17% de sa production, l’Archipel n’est que son troisième débouché derrière les Etats-Unis (32%) et la Chine (24%). A titre de comparaison, Toyota, le premier constructeur japonais, vend 27% de ses voitures au Japon. Mais la fermeture temporaire de deux usines de Nissan proches de la zone sinistrée et les dysfonctionnements attendus par la suite sur l’ensemble de la filière, notamment en raison de problèmes d’approvisionnement en pièces ou en électricité, risquent de pénaliser l’activité exportatrice du groupe. Le Japon sert en partie de base arrière pour le marché américain. En supposant un manque à gagner de 15% sur le bénéfice net de Nissan, cela créerait un impact de 200 millions sur celui de Renault en 2011 (0,75 euro par action), tente de se rassurer Citigroup. Le courtier rappelle d’ailleurs que la décote de Renault par rapport à la valeur par la somme des parties atteint près de 43%.
Néanmoins, en faisant chuter autant le cours de Bourse de Nissan, et par ricochet celui de Renault, le marché semble privilégier un scénario catastrophe. CM-CIC calcule ainsi que, dans le pire des cas, une chute de 40% du marché japonais «couperait les ventes de Nissan de 300.000 à 400.000 unités vendues en 2011 soit un impact de 5,5 milliards d’euros sur le chiffre d’affaires et de 1,2 milliard sur le résultat net. Notre objectif de cours sur Renault perdrait alors 5 euros par titre». L’action Renault a perdu 3 euros depuis la semaine dernière.
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