Le marché automobile français aborde 2012 avec la plus grande prudence
L’annonce hier par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) d’une chute de 17,8% du volume des immatriculations de véhicules particuliers le mois dernier en France par rapport à décembre 2010 (-14,1% à nombre comparable de jours ouvrables) a été accueillie avec un relatif soulagement. Les craintes de voir un repli plus prononcé étaient vives après une fin d’année 2010 dynamisée par le dispositif public d’incitation à l’achat.
Comme le souligne l’économiste Dominique Barbet de BNP Paribas, il s’agit pourtant bien d’une évolution en trompe-l’œil, sous l’impulsion des rabais consentis par les constructeurs afin de faire baisser les niveaux de stocks en fin d’exercice ou de l’anticipation par les acheteurs des règles plus draconiennes dès le 1er janvier concernant les émissions de gaz carbonique.
Sur l’ensemble de l’année écoulée, le marché automobile français accuse dès lors un recul de 2,1% en données brutes, et de 1,7% à nombre comparable de jours ouvrables, à 2,2 millions d’unités. Las, l’exercice 2012 risque bien de se solder par une baisse plus conséquente encore. Déjà, le début d’année s’annonce «difficile», selon le porte-parole du CCFA, François Roudier, qui prévient que les récentes baisses de commandes de la part des constructeurs ne manqueront pas d’avoir rapidement un impact virulent sur le volume d’immatriculations. Directeur commercial de Renault pour la France, Bernard Cambier a estimé hier à 55% cette chute des commandes en décembre. Elle pourrait selon lui se traduire par une contraction de 17% du marché au premier trimestre. Le dirigeant table toutefois sur une baisse de 8% sur l’ensemble de 2012, sur fond d’une agressivité commerciale intacte. Bernard Cambier a fixé à 2 millions de véhicules, correspondant à la moyenne des dix dernières années, le seuil au-dessous duquel la baisse des ventes, qui serait alors de quelque 9,3%, serait inquiétante.
Dans ce panorama, les groupes français font particulièrement grise mine. En données brutes, le volume d’immatriculations de PSA Peugeot Citroën a cédé 29,1% le mois dernier, celui du groupe Renault 28,1%. Sur l’ensemble de 2011, les deux constructeurs accusent des replis respectifs de 4,9 et 9,6%. Ils ont ainsi représenté ensemble 56,2% des ventes totales, 3 points de moins qu’en 2010. Le groupe Renault seul perd 2 points de parts de marché à 24,7%.
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