Le marché automobile européen poursuit son inexorable déclin

L’Acea a fait part d’un recul de 16,6 % des immatriculations en octobre, soit une chute de 5,5 % sur dix mois en 2010
Benoît Menou

Les observateurs ont accueilli avec fatalisme l’annonce par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea) d’une chute de 16,6% du volume d’immatriculations au sein de l’Europe des Vingt-Sept (hors Chypre et Malte) le mois dernier par rapport à octobre 2009, à 1,03 million de véhicules. Le repli du marché s’établit à 5,5% sur les dix premiers mois de l’année (11,28 millions d’unités), après sept mois consécutifs en terrain négatif.

L’Acea souligne que l’ensemble des principaux marchés du Vieux continent ont enregistré en octobre une baisse à deux chiffres, de -37,6% en Italie à -18,5% en France. De quoi faire basculer le marché hexagonal dans le rouge depuis le début de l’année (-1,4%).

La source de ce sévère retournement du marché européen se trouve toujours dans l’extinction progressive des dispositifs publics de soutien alors que la morosité du marché demeure. Pis, la déprime du marché est appelée à persister, sous le coup de bases de comparaison défavorables (+12,1% en octobre 2009 notamment).

Responsable de la recherche sur le secteur chez Natixis, Georges Dieng mise dès lors pour 2010 sur une correction de 7% du marché européen (élargi au pays de l’Association européenne de libre-échange (Islande, Norvège, Suisse), en baisse de 5% à fin octobre), à l’issue d’une «sévère baisse» à prévoir en toute fin d’année. L’analyste n’écarte pas toutefois l’hypothèse d’achats anticipés en France ou en Grande-Bretagne notamment, à la faveur outre-Manche d’une augmentation de la TVA au 1er janvier. Mais l’effet de ces bonnes surprises ne serait qu’«artificiel» et ferait peser un «risque supplémentaire» pour l’an prochain.

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