Le M&A reste le meilleur garant de création de valeur
Depuis les 4.600 milliards de dollars de fusions-acquisitions (M&A) annoncées en 2007 – un montant de 40% supérieur à celui datant de la bulle internet en 2000 – le marché semble atteint de gueule de bois chronique. Pourtant, il est possible de créer de la valeur en menant une véritable politique de croissance externe, estime le cabinet de conseil Bain, qui a étudié 1.616 sociétés cotées (en excluant les secteurs de la finance et des matières premières) et plus de 18.000 transactions à travers le monde entre 2000 et 2010.
Premier constat: «les sociétés qui réalisent des acquisitions créent en moyenne davantage de valeur que les sociétés inactives», indique Arnaud Leroi, responsable du pôle européen du M&A chez Bain. Les inactives génèrent un rendement moyen pour les actionnaires de 3,3%, contre un taux de 4,5% pour l’ensemble de l’échantillon. La taille des cibles est également un facteur déterminant: les sociétés dont les opérations représentent moins des trois quarts de leur capitalisation boursière produisent un rendement de 4,6%, tandis que celles dont les cibles dépassent 75% génèrent 5,6%.
C’est parmi les sociétés à la fois les plus actives (plus d’une transaction par an) et sur des cibles de taille importante (plus de 75% de leur valeur) que l’actionnaire va bénéficier de rendements plus importants: cette catégorie affiche un taux de 6,4%. A l’opposé, la création de valeur est la plus faible chez les acteurs qui réalisent de grosses acquisitions, mais rarement (4%). «Une stratégie de croissance externe ne s’improvise pas. Les sociétés les plus performantes en matière de M&A établissent une veille sur une dizaine, voire une vingtaine de cibles potentielles et les suivent comme un gérant suivrait un portefeuille», résume Arnaud Leroi.
«Les années 2011 et 2012 ont été décevantes pour le marché des M&A. Les opérations en suspens sont importantes, mais elles tardent à se concrétiser. Les groupes privilégient la croissance organique, mais risquent d’être déçus en raison de la faiblesse de la demande», estime l’associé, qui anticipe un redémarrage des acquisitions au dernier trimestre. Notamment en Europe: le bilan des groupes sont sains, sans compter l’intérêt des sociétés de pays émergents, qui y cherchent une position sur un marché somme toute important, des technologies et des entreprises compétitives, une marque, ou l’accès à des clients internationaux.
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