Le luxe français devrait résister à la crise du coronavirus
Le luxe résistera-t-il au coronavirus ? Alors que cette crise sanitaire dépasse celle du Sras en 2002-2003 et pèse désormais sur le moraldes investisseurs en zone euro, les acteurs du secteur devraient être diversement affectés.
Vendredi, Burberry a tiré la sonnette d’alarme. Alors qu’il réalise 40% de ses ventes de détail auprès de la clientèle chinoise, le groupe britannique est contraint de fermer plus d’un tiers de ses magasins en Chine. Pour Citi, Burberry ne parviendra à pas atteindre ses objectifs 2020. Sur le quatrième trimestre clos fin mars, Citi table sur une baisse de 8% des ventes en comparable, alors qu’il espérait auparavant une hausse de 5%. Credit Suisse anticipe pour sa part une baisse de 10% au quatrième trimestre.
Non seulement, les magasins sont contraints de fermer en Chine, mais le tourisme chinois dans le monde devrait se réduire en raison des restrictions de déplacement liées aux risques de contamination. Or, la clientèle chinoise représente 35% des ventes de luxe dans le monde. Elle pesait moins de 10% lors de l’épidémie de Sras, selon UBS. «Le manque à gagner est de l’ordre de 12 milliards d’euros et le risque est de faire de 2020 une année blanche», notait récemment Jefferies, réduisant sa prévision de croissance pour le secteur du luxe de 5% à 1% pour 2020. Il anticipe une chute de 35% des dépenses chinoises de luxe au premier trimestre.
«Nous pensons que le risque est le plus limité s’agissant des profits de Kering, LVMH, Hermès et Moncler, en raison de leur maîtrise des coûts, de leurs niveaux de rentabilité élevés et des investissements déjà consentis dans leurs marques, ce qui pourrait rendre plus facile un ajustement des dépenses de marketing à court terme», notait UBS fin janvier. D’ailleurs, LVMH reste confiant pour 2020. Si l’épidémie de coronavirus «dure deux mois ou deux mois et demi, [les conséquences] ne seront pas terribles. Si cela dure deux ans, c’est une autre histoire», a déclaré Bernard Arnault, PDG de LVMH fin janvier. En revanche, UBS estime que les groupes suisses, Swatch et Richemont, plus centrés sur la joaillerie et l’horlogerie, pourraient être davantage pénalisés.
Pour S&P, les sociétés notées du secteur disposent d’une marge pour résister à un impact «modéré» sur leurs résultats, rappelant qu’elles ont fait preuve d’une assez bonne résilience lors des grèves en France et des émeutes à Hong-Kong. Mais tout dépendra de la vitesse à laquelle le virus sera contenu.
{"title":"","image":"213945»,"legend":"","credit":"Illustration L\u2019Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
Le groupe familial Arnault veut simplifier son contrôle sur LVMH
Plusieurs opérations de fusion-absorption des structures capitalistiques en amont du groupe de luxe vont être mises en œuvre d'ici à début 2027. -
Richemont esquisse un plan de succession
Le propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels nomme le fils de son président Johann Rupert comme co-vice-président non exécutif de son conseil. De quoi réaffirmer l’ancrage familial. -
Interparfums a fait mieux que prévu au premier semestre
Les résultats du groupe ont reculé au cours des six premiers mois de l'année mais dans des proportions moindres qu'anticipé.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Le péril jeuneEmploi des jeunes : les réformes inachevées
Malgré les réformes de l'apprentissage et des lycées pro, le chômage des jeunes repart à la hausse, le nombre de décrocheurs aussi. Economistes et partenaires sociaux tirent la sonnette d'alarme, les candidats pour 2027 restent absents -
EditorialBudget : déjà un exercice d’équilibre précaire
Au regard des exigences de redressement des comptes du pays et notamment de réforme de son modèle social, la lettre récemment envoyée par Sébastien Lecornu aux parlementaires du Parti socialiste devrait sonner comme une alerte rouge. Le Premier ministre propose en effet au PS de reprendre avec eux le travail commun d’élaboration du budget pour 2027, en ouvrant une négociation « mesure par mesure » sur le modèle de ce qui avait été fait l’an dernier, après l’explosion en plein vol de son prédécesseur, François Bayrou. De quoi inquiéter tous ceux qui ont en mémoire la liste noire des concessions faites à la gauche, dont la suspension de la réforme des retraites, et le grand délire fiscal dont la France a été le théâtre pendant des semaines, à coups de taxe Zucman par-ci, de chasse aux riches par-là. -
ClashPourquoi Emmanuel Macron hausse le ton contre Israël
Le président français a utilisé la tribune de l'assemblée générale de l'ONU pour critiquer vivement la politique de Benjamin Netanyahou à Gaza et en Cisjordanie