Le luxe et l’aérien souffrent du virus chinois
La propagation en Asie d’un mystérieux virus ressemblant à une pneumonie fait tanguer les marchés chinois. L’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong a chuté de 2,8% à la clôture ce mardi en Asie, à 27.985,3 points, tandis que le Shanghai Composite a cédé 1,4% à 3.052,14 points.
Les compagnies aériennes, tours opérateurs et groupes hôteliers chinois sont les plus affectés. L’action Air China, une compagnie aérienne cotée à Hong Kong, a perdu 7,1%, tandis que BTG Hotels Group, un voyagiste coté à Shanghai, a abandonné 9,1%.
Les inquiétudes se sont propagées sur les autres marchés, notamment européens. A Paris, le CAC 40, qui compte trois valeurs de luxe de taille, perd 1,05% à 6.014 points ce mardi à la mi-séance. Kering baisse de plus de 4%, LVMH cède 2,85% et Hermès 2,32%. Les compagnies aériennes sont également concernées. Air France-KLM recule de 2,42%.
Les autorités sanitaires chinoises ont déclaré lundi que le nombre de patients infectés par une souche de coronavirus récemment découverte était passé à 291, soit une augmentation significative par rapport au nombre de 62 signalé dimanche. Le virus, qui a été identifié pour la première fois chez des personnes malades dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, a jusqu'à présent tué quatre personnes et s’est propagé à d’autres centres de population dans le pays, y compris à Pékin.
Impact économique encore inconnu
En dehors de la Chine continentale, des cas suspects de personnes atteintes du coronavirus ont été signalés dans des villes comme Hong Kong et Singapour, mais seuls quelques cas ont été confirmés en Thaïlande, en Corée du Sud et au Japon. Les autorités sanitaires de nombreuses régions sont en état d’alerte élevé, notamment en raison de l’augmentation des déplacements à l’occasion des congés du Nouvel An chinois ce mois-ci.
Frank Benzimra, responsable de la stratégie actions asiatiques de la Société Générale, estime qu’il est trop tôt pour dire à quel point la situation pourrait s’aggraver. « Il est certainement possible qu’il y ait un impact sur le marché, mais cela dépend vraiment de l’impact économique du virus », indique-t-il.
Cette propagation fait craindre une répétition de l'épidémie mondiale de Sras, qui avait causé plusieurs centaines de morts en 2002-2003 et entraîné des restrictions sur les voyages internationaux. L’OMS avait à l'époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de l'épidémie.
Pékin a annoncé mardi qu’il classait l'épidémie dans la même catégorie que le Sras.
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