Le loueur d’avions irlandais Avolon accepte de passer sous le contrôle du chinois Bohai
Trois jours avant l’échéance, prévue ce lundi, de leurs négociations exclusives, le loueur d’avions irlandais Avolon a accepté d’être racheté par le chinois Bohai pour 7,6 milliards de dollars (6,8 milliards d’euros) dette incluse. Les actionnaires de la cible recevront 31 dollars par action, ce qui représente une prime de 8% environ par rapport au cours de clôture de jeudi dernier et de 31% par rapport au cours du 13 juillet, lorsque Bohai avait annoncé qu’il souhaitait prendre une participation de 20% au capital de son concurrent.
Ce prix est néanmoins inférieur aux 32 dollars par action proposés par le groupe chinois en août, ce qui s’explique par «la volatilité considérable des marchés actions dans le monde», ont précisé les deux entreprises. Les quatre plus importants actionnaires d’Avalon, les fonds de capital-investissement Oak Hill, CVC Capital, Cinven et GIC, ont fait savoir qu’ils apporteraient leurs titres à l’offre.
De son côté, le conglomérat maritime et aéronautique chinois HNA, premier actionnaire de Bohai, s’est porté garant du prix d’achat. L’acquéreur a en outre relevé de 40%, à 350 millions de dollars, l’indemnité de rupture payable dans certaines circonstances au groupe irlandais en cas d’échec de la transaction. Ce montant équivaut à 4,25 dollar par action ordinaire Avalon, coté depuis décembre dernier sur le New York Stock Exchange. Créé en 2010, le groupe, qui détient ou gère actuellement 160 avions, a commandé une centaine d’autres appareils. L’âge moyen de sa flotte (2,6 ans) est le plus faible des dix principaux intervenants du secteur.
Cette acquisition, qui sera normalement bouclée au premier trimestre 2016, souligne l’influence grandissante des loueurs d’avions chinois à l’échelle mondiale. «La Chine dispose d’un marché domestique très large dans l’aviation civile, ce qui lui laisse une marge de manœuvre pour croître dans le crédit-bail aéronautique», commente Kazunori Morisaki, analyste chez Japan Aviation Management Research. Le gouvernement central chinois a fait savoir l’an dernier qu’il encouragerait les sociétés domestiques du secteur à se développer à l’étranger pour mieux concurrencer des groupes comme AerCap Holdings ou GE Capital Aviation Services.
Selon Bloomberg, les appareils faisant l’objet d’un crédit-bail constituent 36% de la flotte des compagnies aériennes dans la région Asie-Pacifique.
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