Le Guide.com souligne le potentiel de Ciao pour contrer l’offre de Lagardère

Bryan Garnier réfute l’absence de prime de contrôle et propose un autre échantillon pour définir les multiples de valorisation
Bruno de Roulhac

Une nouvelle fois LeGuide.com vient défendre son indépendance face à l’offre hostile de Lagardère. Le comparateur de sites a rappelé hier l’important potentiel offert par Ciao, acquis en mars dernier. L’audience des sites du groupe passera ainsi de 14,9 millions de visiteurs uniques (VU) à 28,9 millions avec Ciao.

Mais si l’intégration commerciale est déjà finalisée, l’intégration technique ne devrait être finalisée qu’au troisième trimestre 2013.

Par ailleurs, Ciao devrait apporter de 12 à 14 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnel cette année, par rapport aux 28 millions d’euros du Guide.com en 2011. Toutefois, LeGuide.com prévient que Ciao ne contribuera pas au résultat d’exploitation cette année. La marge opérationnelle du groupe devrait ainsi chuter de 33% l’an dernier à 21% en 2012 selon le consensus FactSet. Mais «dès 2013, la profitabilité du groupe devrait tendre vers les standards de LeGuide.com», assure-t-il.

Dans cette guerre des communiqués, Lagardère a préféré ne pas répondre, laissant l’offre suivre son cours. Ouverte le 9 mai dernier, elle se clôturera le 12 juin prochain. Lagardère aura alors la possibilité de jeter l’éponge, de prolonger son offre, voire de relever son prix ! En effet, depuis l’annonce de l’opération hostile par Lagardère, le titre a toujours clôturé au-dessus des 24 euros offerts et s’établissait même hier à un plus haut d’un an à 26,49 euros (+6,81%).

Bryan Garnier, banque conseil de LeGuide.com, à l’instar d’autres analystes, comme Portzamparc, a souligné la faiblesse de la prime offerte, 31% sur la moyenne trois mois, contre 36% en moyenne sur les OPA françaises sur le long terme et 47% sur les opérations de 2012. Sans compter l’absence de prime de contrôle. D’ailleurs Arkeon et Genesta ont recommandé de ne pas apporter à l’offre et ont relevé leurs objectifs de cours à 29 et 28 euros.

Le désaccord subsiste sur les multiples de valorisation. Selon Natixis, présentateur de l’offre, le secteur est valorisé sur un ratio valeur d’entreprise sur Ebit de 6,7 fois. Pour Bryan Garnier, le multiple ressort à 8,3 en intégrant dans l’échantillon des comparateurs et pas seulement des acteurs du marketing en ligne.

Aussi, Bryan Garnier donne une valeur potentielle au titre de 37 à 40 euros à horizon douze mois retenant l’hypothèse d’un multiple valeur d’entreprise sur Ebit de 8,5 fois, quand Natixis prenait 5,6 fois dans son modèle.

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