Le groupe public chinois Cofco poursuit son offensive dans le négoce de produits céréaliers
Cofco redouble d’efforts pour devenir l’un des premiers acteurs sur les marchés céréaliers mondiaux. A peine plus d’un mois après avoir acquis pour 1,2 milliard de dollars (870 millions d’euros) une participation majoritaire dans le néerlandais Nidera, spécialisé dans la vente de matières premières agricoles, le plus important négociant céréalier chinois a annoncé hier s’être mis d’accord avec Noble Group, entreprise hongkongaise cotée à Singapour. Il va ainsi acquérir 51% de sa division agroalimentaire Noble Agri qui emploie 13.000 personnes réparties sur une soixantaine de sites.
La transaction en numéraire, d’un montant de 1,5 milliard de dollars sur la base d’un multiple de 1,15 fois la valeur d’actifs nets de la cible, se traduira par la création d’une coentreprise entre Cofco et Noble Group. Celle-ci réunira les activités de transformation et de distribution de céréales de Cofco en Chine et les divisions origination et négoce céréalières de Noble Agri. Un consortium d’investisseurs internationaux mené par le fonds chinois de private equity Hopu Investment participera au tour de table.
Conseillé par JPMorgan Chase, Noble Group, très présent dans l’énergie et les métaux, a précisé que Cofco disposait d’une option pour relever de 10% sa part dans Noble Agri, la sienne ne pouvant descendre en dessous de 39%. Cette option devra être exercée préalablement à toute introduction en Bourse de la nouvelle entité. Pour la Chine, «l’enjeu est de garantir les approvisionnements là où ils sont nécessaires», relève Abah Ofon, analyste chez Standard Chartered Bank. Moody’s a réaffirmé la note de crédit (A3 avec perspective stable) de Cofco, jugeant que l’affaiblissement du profil financier du groupe public «sera compensé par un soutien renforcé du gouvernement chinois».
Alors que l’endettement de Noble Agri s’est élevé à 2,5 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires d’environ 15 milliards l’an dernier, le produit de cette opération «sera utilisé pour rembourser une partie de la dette et financer les besoins généraux de l’entreprise», précise Noble, dont 14,1% du capital est aux mains du fonds souverain China Investment Corp. En raison de la faiblesse des prix du sucre et d’un repli des marges de trituration des oléagineux, cette activité a enregistré une perte d’exploitation en 2013, ce qui a largement contribué au plongeon de 48% du bénéfice du groupe hongkongais.
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