Le groupe minier brésilien Vale change de tête sous la pression politique
Murilo Pinto de Oliveira Ferreira marche sur des œufs. En tant que directeur général du géant minier brésilien Vale à compter du 22 mai prochain, il devra concilier les exigences d’un pouvoir politique soucieux de voir un fleuron de l’industrie nationale soutenir l’effort de croissance du pays et d’une communauté d’actionnaires internationaux attentifs à la rentabilité de leur entreprise.
Privatisé en 1997, le groupe reste sous l’influence de l’Etat, par l’intermédiaire directement d’une participation de 5,5% de la banque publique de développement BNDES et indirectement grâce à Valepar, détenteur de 33,3% du capital de Vale et contrôlé par des fonds publics ou parapublics. Le gouvernement détient en outre 12 actions spécifiques (golden shares) lui offrant un droit de veto pour certaines décisions stratégiques. Les actionnaires internationaux accaparent 39,6% du capital, dont 30,2% sous forme d’ADR (American Depositary Receipts) cotés à New York.
Ce sont les actionnaires de Valepar qui ont proposé lundi soir la nomination, soumise à l’approbation du conseil d’administration, de Murilo Ferreira à la direction de Vale, après qu’un chasseur de têtes a proposé trois noms. Cette initiative est le fruit d’une contestation du travail de l’actuel patron Roger Agnelli, dont le mandat arrive à échéance. L’arrivée à la présidence du Brésil de Dilma Rousseff a renforcé les critiques à l’encontre du dirigeant concernant son manque de conviction à défendre surtout les sidérurgistes et la construction navale du pays (par l’achat de navires chinois).
La carrière du nouveau promu plaide pour une capacité à satisfaire les parties. Ancien patron des activités canadiennes de Vale avant de cofonder un hedge fund brésilien il y a deux ans, il suscite pour l’heure le soulagement des investisseurs, n’ayant pas le profil d’un pur agent du pouvoir politique. L’association du secteur minier brésilien, l’Ibram, avait craint récemment que l’«interférence par le gouvernement pourrait brouiller l’image du pays en tant que terre promise pour les investissements». Or, le nouveau patron de Vale dispose selon Felipe Hirai, analyste de Bank of America Merrill Lynch, des qualités pour donner vie à l’ambition de son prédécesseur de faire de Vale le plus important groupe minier diversifié au monde d’ici quelques années, rang qu’il occupe aujourd’hui pour le minerai de fer. Il devra notamment pour cela renforcer les liens noués avec ses clients chinois.
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