Le gouvernement nippon veut éviter de nationaliser les pertes de Tepco
Tokyo semble être en porte-à-faux avec les investisseurs sur le dossier Tepco. Une mise en faillite de l’électricien «causerait d’énormes problèmes et doit être évitée», a ainsi déclaré le secrétaire général du gouvernement japonais, Yukio Edano. Il justifie cette position par le fait qu’une mise sous tutelle judicaire «serait préjudiciable à l’indemnisation des victimes, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises» touchées par l’accident de la centrale de Fukushima. Selon un document du centre de recherche économique nippon, les dommages et intérêts payés aux seuls foyers situés dans le périmètre de 20 km autour de la centrale atteindraient 630 milliards de yens (5,4 milliards d’euros) sur dix ans. Le coût énorme de cette catastrophe explique sans doute la volonté des pouvoirs publics de maintenir dans le giron privé Tepco, afin d’éviter d’avoir à nationaliser ses pertes.
Mais les marchés financiers sont particulièrement dubitatifs sur la capacité du gouvernement nippon à soutenir une entreprise dont la dette atteint 6.830 milliards de yens, soit 58 milliards d’euros. Après une perte record de 1.250 milliards de yens (10,6 milliards d’euros) enregistrée lors de l’exercice clos le 31 mars dernier, Tepco afficherait encore un déficit de 570 milliards de yens à fin mars 2012, selon le Tokyo Shimbun qui se réfère à un document interne de Tepco, celui-ci n’ayant pas confirmé ce chiffre. Le coût de protection de la dette du groupe, qui a atteint 1.150 points de base selon les chiffres de CMA DataVision, traduit désormais une probabilité de défaut à 5 ans de 59%, à son plus haut historique.
A l’instar des marchés, le patron de la Bourse de Tokyo Atsushi Saito estime qu’un dépôt de bilan aboutissant à une nationalisation temporaire de Tepco serait nécessaire, même si cela implique que les prêteurs doivent renoncer à certaines créances. Il ajoute que cela «permettrait au groupe de se restructurer comme l’a fait Japan Airlines», rayé de la cote l’an dernier et qui poursuit depuis sa restructuration sous tutelle judicaire. Après de nombreuses critiques sur la gestion de la catastrophe depuis 3 mois, Tokyo a annoncé hier, dans un rapport destiné à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qu’il allait procéder à une «révision fondamentale» de ses règles de sûreté en matière nucléaire, en s’engageant notamment à créer une autorité de régulation indépendante.
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