Le gouvernement attend davantage de mesures de la part de Renault

Les conclusions de la refonte de la gouvernance du constructeur sur sa protection seront présentées au conseil au plus tard le 28 avril
Bruno de Roulhac

Si Renault estime avoir tiré les conséquences de la crise qui l’a agité depuis le début de l’année, le gouvernement reste instatisfait. «On ne pourra pas laisser cela sans suites, a déclaré le porte-parole du gouvernement, François Baroin. Je trouve anormal qu’une immense entreprise comme celle-ci ait basculé dans un amateurisme et une affaire de Bibi Fricotin et de barbouze de troisième division». Pour le ministre de l’Industrie, Eric Besson, «ce n’est pas la fin de cette histoire interne», dans l’attente des conclusions de l’audit externe au conseil d’administration du 28 avril prochain. Premier actionnaire de Renault avec 15,01% du capital, l’Etat français est en droit de s’exprimer, même si lors du conseil de lundi soir il semble s’être contenté des mesures prises.

En plus de la réintégration et/ou de l’indemnisation des trois cadres accusés et licenciés à tort, des procédures disciplinaires pour fautes à l’encontre de trois membres de la direction de la protection du groupe, les numéros 1 et 2 du constructeur et l’ensemble des cadres dirigeants «impliqués» ont renoncé à leur part variable 2010 et à leurs stock-options 2011, mais la démission de Patrick Pélata a été refusée, et Carlos Ghosn ne semble pas avoir présenté la sienne.

Une «bonne nouvelle» pour Kepler Capital Markets, soulignant que le maintien du PDG et du directeur général délégué aux opérations permet «d’éviter une nouvelle crise dans la crise». Pour le moment, «à juste titre, Renault choisit la stabilité, note UBS. Le top management sort affaibli, à notre avis, ce qui jette une ombre sur sa crédibilité et sur ses compétences de leadership. Bien que nous ne puissions exclure davantage d’instabilité plus tard, nous estimons qu’une direction exécutive stable est essentiel pour tenir le plan récemment annoncé, et que Carlos Ghosn a un rôle clé à jouer dans les prochaines années pour assurer l’évolution de l’alliance Renault-Nissan ». Quoi qu’il en soit, «même si l’un ou l’autre avait quitté le groupe, la stratégie n’aurait pas vraiment changé tant Carlos Ghosn et Patrick Pélata partagent la même vision du groupe», ajoute CM-CIC.

Enfin, Renault s’est engagé à refondre la gouvernance sur «la protection du groupe, des personnes et de l’information à partir de l’analyse des dysfonctionnements internes constatés». Conclusions qui seront présentées au conseil au plus tard le 28 avril, veille de l’assemblée générale.

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