Le FSI tourne la page du dossier CMA-CGM
Nous nous félicitions de la conclusion heureuse qu’a pu trouver CMA-CGM pour son refinancement». Ainsi a réagi vendredi le Fonds stratégique d’investissement (FSI) à l’annonce de l’accord signé la veille entre l’armateur et Yildirim (L’Agefi du 26 novembre). Selon cet accord, le groupe turc investira 500 millions de dollars en obligations remboursables en actions (ORA), qui lui permettront au bout de 5 ans de prendre 20% du capital. Une option de sortie en Bourse lui a même été accordée.
Le directeur général de CMA-CGM, Rodolphe Saadé a indiqué dans la foulée que les discussions se poursuivaient avec le Fonds en vue d’un investissement de 150 millions de dollars.
Néanmoins, les relations semblent désormais moins cordiales. Selon une source proche, le FSI s’est en effet décidé à «refermer le dossier». Après avoir travaillé de longs mois sur cette affaire, les équipes du Fonds semblent avoir peu apprécié que CMA-CGM ait choisi de précipiter son annonce avec Yildirim en laissant le FSI de côté. Une manière de «mettre le FSI devant le fait accompli», ajoute cette source.
C’est donc bien la méthode qui est en cause. Alors que la discussion avait été renouée cet automne après une période de flottement, des informations filtraient récemment sur la difficulté des deux parties à régler les dernières questions sur la gouvernance et la valorisation.
Finalement, selon cette même source, le FSI et la famille Saadé seraient tombés d’accord oralement il y a huit jours sur tous les éléments de la discussion. Mais les Saadé auraient fait volte-face deux jours plus tard lors de la présentation des documents formalisant ce compromis, CMA-CGM officialisant peu après l’accord avec Yildirim. Bref, «si l’objectif est rempli, le FSI ne va pas supplier le groupe ou entrer de force», lance un proche.
Vendredi, l’armateur ne confirmait pas l’arrêt des discussions avec le Fonds. Ceci dit, il estime ses moyens suffisants. «Yildirim était prêt à mettre jusqu’à 1 milliard, mais CMA-CGM n’avait pas besoin d’autant», glisse un proche du groupe qui laisse entendre qu’un accord avec le FSI aurait été aussi profitable à son image qu’à son bilan.
Le groupe marseillais dispose quoi qu’il en soit d’une marge de manœuvre. Comme l’a révélé vendredi à L’Agefi Robert Yüksel Yildirim, une option est prévue dans l’accord pour un investissement supplémentaire de 250 millions de dollars en cas de besoin.
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