Le fort recul des foncières en Bourse ne se justifie pas selon les analystes
Les foncières françaises seraient-elles injustement sanctionnées en Bourse? Un avis que semblent partager les analystes. Depuis le 25 juillet dernier, juste avant la dégradation du «AAA» des Etats-Unis par S&P, l’indice immobilier FTSE EPRA France a chuté de 20%, plus rapidement que le CAC 40. Silic, Gecina, Icade et FDR, valeurs spécialisées dans l’immobilier de bureaux, ont même perdu 32% en moyenne, tandis que Mercialys et Unibail-Rodamco ont mieux résisté, reculant de 14 à 15%. «Ceci illustre clairement la préférence des investisseurs pour les portefeuilles de qualité et défensifs d’immobilier de centres commerciaux comparé à l’immobilier de bureaux, plus cyclique» constatent les analystes de HSBC.
Les valorisations actuelles intègrent une décote de 24% sur le dernier actif net réévalué (ANR) triple net publié des principales foncières françaises, soit une baisse «des valeurs d’actifs d’environ 14% en moyenne, poursuit HSBC. Une telle chute correspond au déclin observé en 2008-2009 […Mais], il nous semble qu’un recul similaire à celui de 2009 a peu de chances de se répéter», les foncières étant mieux préparées et ayant assuré la couverture de leur besoins de financement.
Toutefois, si les ANR devraient progresser au second semestre 2011, ceux du premier semestre 2012 «devraient être victimes de l’attentisme des investisseurs, prudents en raison du manque de visibilité», note Natixis, anticipant une baisse entre 10% et 15%. En effet, «les prix font face à deux forces opposées : appétit des investisseurs contre renchérissement des conditions de financement», poursuit Natixis.
Et dans ce contexte attentiste, «les experts pourraient profiter de la baisse attendue des volumes pour être plus prudents en intégrant une augmentation de 50 points de base des taux de capitalisation, suffisante pour compenser un renchérissement de 100 points de base des coûts de financement, explique Natixis. Si tel est le cas, le message ne serait pas si négatif pour le secteur en Bourse, ces niveaux étant largement intégrés dans les décotes actuelles (20% en moyenne)». De son côté, HSBC table sur une augmentation de 20 points de base des taux de capitalisation dans les bureaux et de 10 points de base dans les centres commerciaux entre le premier semestre 2011 et la fin 2012.
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