Le fonds Rhône Capital vole au secours d’Elizabeth Arden

Le fonds va prendre 7,6% du capital dans un premier temps. Il pourrait monter jusqu'à 30% pour tenter de redresser le groupe de parfums
La Rédaction

Engagé dans une réflexion sur son avenir depuis plusieurs semaines, Elizabeth Arden a tranché. Le groupe américain de produits de beauté, dont la capitalisation boursière a été divisée par trois en un an, va s’appuyer sur Rhône Capital pour tenter de se redresser. Le fonds d’investissement s’est engagé à investir 50 millions de dollars (37,6 millons d’euros) en actions préférentielles. Il dispose également d’options pour acheter 2,5 millions d’actions ordinaires au prix unitaire de 20,39 dollars, ce qui représente 7,6% du capital en circulation.

Le fonds n’exclut pas de renforcer sa position en fonction des conditions de marché mais s’est engagé à ne pas aller au-delà de 30%. Il aura la possibilité de désigner un représentant au conseil d’administration et un second s’il venait à détenir plus de 20% du capital.

«Au vu de son expérience significative au sein de notre profession, l’investissement et l’engagement de Rhône Capital dans Elizabeth Arden attestent de son optimisme et de sa foi, que nous partageons, dans les perspectives de l’entreprise», s’est félicité le PDG du groupe Scott Beattie. Rhône Capital était notamment actionnaire de Coty, le groupe américain de parfums introduit en Bourse en 2013.

La tâche du fonds d’investissement s’annonce compliquée. Elizabeth Arden a essuyé une perte nette de 155,9 millions de dollars au cours des trois derniers mois, contre 5 millions l’an dernier à la même époque. Le groupe n’avait jamais perdu autant d’argent en un seul trimestre. Ses ventes ont plongé de 28,4%, à 191,7 millions de dollars, en raison notamment du recul «plus prononcé qu’attendu» de certains parfums destinés à un public jeune, comme ceux vendus sous le nom de Justin Bieber et Taylor Swift. En Amérique du Nord, région qui génère la moitié du chiffre d’affaires total, la baisse des ventes annuelles a été de 14% et elle s’explique pour moitié par le déclin des parfums de célébrités. Pour l’ensemble de l’exercice écoulé, le groupe a perdu 145,7 millions de dollars pour des ventes de 1,1 milliard de dollars.

Epaulé dans ses réflexions par Goldman Sachs et Weil, Gotshal & Manges, Elizabeth Arden est allé jusqu’à envisager une cession totale. Un temps intéressé, le groupe sud-coréen LG Household & Healthcare avait finalement renoncé fin juin.

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