Le départ d’Abertis ouvre une nouvelle voie à Eutelsat
Officiellement, Eutelsat ne fait aucun commentaire. Mais la sortie partielle, vendredi, de l’espagnol Abertis de son capital constitue une bonne nouvelle pour l’opérateur de satellites de communication. Parfois tiraillé entre les intérêts divergents de ses grands actionnaires, le groupe dispose désormais d’un actionnariat clarifié: en tête le Fonds stratégique d’investissement, avec 25,7%, suivi d’Abertis, dont la part est tombée vendredi à 15,35% après la vente sur le marché d’un bloc de 16%. Le solde (environ 60%) peut être considéré comme du capital flottant.
Pour Abertis, la cession partielle de sa participation est un réel succès. Malgré la taille du placement, équivalent à 115 jours de Bourse, les titres ont rapidement trouvé preneur à 27,85 euros, avec une décote de 6%. Résultat, le groupe a encaissé 981 millions d’euros, avec une plus-value comptable de 396 millions. Une somme qui pourrait lui permettre de distribuer un dividende exceptionnel, comme certains l’espèrent. Ou bien faciliter le financement de sa probable candidature à l’ouverture attendue du capital des aéroports de Madrid et de Barcelone.
Cette sortie partielle ouvre la porte à une nouvelle évolution à moyen terme de la géographie du capital d’Eutelsat. Pas du côté du FSI, le bras financier de l’Etat français ayant fait d’Eutelsat un investissement stratégique de long terme. Il avait d’ailleurs refusé l’an dernier les avances pressantes d’Abertis pour lui céder son bloc. En revanche, il est probable que le groupe d’infrastructures s’allège un peu plus dans les prochains mois. Depuis l’opération de vendredi, l’espagnol est bloqué par une clause de «lock-up» de 6 mois, ce qui ouvre la voie à un possible second placement en fin d’année 2012.
Dans ce cas, Eutelsat afficherait un capital flottant de l’ordre de 75%, ce qui, avec une capitalisation boursière de 6,16 milliards d’euros vendredi soir, ferait de lui un prétendant sérieux au CAC 40. «L’élargissement du flottant est une très bonne nouvelle. La liquidité devrait s’améliorer, ce qui permettra d’intéresser de nouveaux investisseurs, attirés par le caractère défensif d’Eutelsat, mais limités jusque-là par les volumes traités sur le titre», ajoute Laurent Morel, responsable du primaire actions de la Société Générale, l’une des trois banques mandatées pour le placement de vendredi avec Credit Suisse et Morgan Stanley.
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