Le CSA pousse à la restructuration du secteur de la télévision en France
Fin de non-recevoir pour TF1 et M6. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a annoncé mardi qu’il refusait le passage du payant au gratuit de leurs chaînes de télévision respectives LCI et Paris Première, pour sa première décision majeure sous la présidence d’Olivier Schrameck. L’offre de télévision gratuite, déjà élargie à 25 chaînes fin 2012, restera donc en l’état.
Motivant le rejet de ces demandes, le CSA a expliqué dans un communiqué «qu’en dépit de leur intérêt et de leur qualité, toutes étaient de nature à créer des difficultés et des déséquilibres, portant atteinte à la préservation de la diversité éditoriale des chaînes diffusant actuellement sur la TNT gratuite». Le gendarme de l’audiovisuel a également rejeté une demande similaire de Canal+ pour sa chaîne de documentaire Planète+, que la filiale de Vivendi avait formulée pour le cas où LCI et Paris Première quitteraient la TNT payante.
La morosité du marché publicitaire aura pesé lourd dans la décision du CSA. Une morosité encore visible hier dans les comptes de M6: le groupe a fait état mardi soir d’une baisse de 5,4% de l’ensemble de ses revenus publicitaires sur la période d’avril à juin à 210,3 millions d’euros, contre une baisse de 2% enregistrée lors des trois mois précédents et de 2,2% chez son concurrent TF1.
Le CSA sera donc resté sourd aux arguments sociaux invoqués par TF1 et M6. Lors de son audition devant les neuf sages, le PDG de TF1 Nonce Paolini avait menacé de fermer LCI, qui emploie 247 personnes, et qui s’est fait distancer par ses rivales gratuites i-Télé (Canal+) et BFM TV (groupe NextRadioTV). Il a précisé hier qu’elle pourrait cesser d'émettre à compter du 31 décembre 2014. Le groupe, tout comme M6, dit étudier les recours possibles contre la décision du gendarme du secteur.
«La décision du CSA est selon nous positive pour l’ensemble du paysage audiovisuel français», réagissaient cependant hier les analystes d’Exane BNP Paribas dans une note citée par Reuters. TF1 et M6, qui auraient dû consentir des investissements importants en cas de passage en gratuit, vont probablement être amenées à fermer leurs chaînes déficitaire ou tout juste à l'équilibre, selon le courtier. «Cela pourrait ouvrir la voie à de la consolidation et à une réparation du marché», ajoutent-ils.
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