Le crédit bancaire continue de se desserrer aux Etats-Unis sur fond de demande atone
Conduite auprès de 57 banques domestiques et 22 succursales d'établissements étrangers, l’enquête trimestrielle de la Réserve fédérale (Fed) sur l'état des conditions de crédit outre-Atlantique fait état d’une poursuite du relatif assouplissement observé lors du précédent rapport. Sur le trimestre clos mi-octobre, les banques ont été plus nombreuses à relâcher quelque peu leurs critères pour la délivrance de prêts personnels ou l’usage de cartes de crédit. Elles ont également fait preuve d’une plus grande souplesse pour les prêts commerciaux et industriels, justifiant cette attitude par «des perspectives économiques plus favorables ou moins incertaines ainsi qu’une concurrence accrue des autres établissements bancaires ou des prêteurs non bancaires», explique l’enquête.
«L’assouplissement auquel nous assistons jusqu'à présent semble encore bien pâle en comparaison avec le renforcement observé durant le resserrement du crédit», nuance toutefois Jim O’Sullivan chef économiste de MF Global. De plus, «la grande question désormais, c’est celle de la demande», relève Harm Bandholz, chef économiste d’UniCredit pour les Etats-Unis. «C’est la principale raison pour laquelle l'économie américaine ne se développe pas aussi vite qu’espéré. Ce n’est pas nécessairement un problème de fourniture de crédit, c’est un problème de demande», souligne-t-il.
Selon l’enquête de la Fed, davantage de banques ont fait état d’un affaiblissement de la demande pour des prêts aux entreprises, alors qu’elle était qualifiée de stable dans le rapport précédent. Selon des données publiées par la banque centrale fin octobre, les prêts accordés aux entreprises ont reculé à 1.220 milliards de dollars contre 1.620 milliards il y a près de deux ans. Dans le même temps, les prêts pour l’immobilier commercial sont passés de 1.730 milliards à 1.510 milliards de dollars.
Quant à la demande de prêts hypothécaires, elle est demeurée faible. les conditions d’octroi de ce type de prêt se sont légèrement durcies, en particulier du fait des établissements de taille modeste. La Fed a lancé un nouveau round d’assouplissement quantitatif, comptant sur les taux immobiliers comme canal de transmission du QE2 à l'économie. En tout état de cause, les banques estiment que les différentes catégories de crédit ne reviendront pas à leurs normes de long terme avant plusieurs années.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau -
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France