Le consensus devrait revoir à la baisse ses attentes 2010 sur Bourbon

Le groupe a signé des résultats 2010 très inférieurs aux attentes du marché, mais affiche sa confiance pour l’exercice en cours
Bruno de Roulhac

Bourbon a jeté un froid sur le marché en publiant hier un excédent brut d’exploitation (Ebitda) 2010 de 241 millions d’euros (-19%) très en-dessous des attentes du marché à 278 millions, en raison d’un contexte de marché «particulièrement défavorable». Le titre a clôturé en recul de 5,22% à 32,06 euros, lanterne rouge du SBF 120.

Si les premiers signes de redressement sont déjà là, «l’inflexion en cours est progressive et l’exercice 2011 restera marqué par des surcapacités dans l’offshore profond. De plus, le consensus nous paraît toujours trop ambitieux», note Oddo. Le consensus Bloomberg attend pour le moment un Ebitda de 367 millions cette année, soit un bond de 52%. «Plusieurs éléments confortent notre sentiment prudent à court terme, ajoute Gilbert Dupont. Seulement 25 % du nouveau plan d’investissement Horizon 2015 est à ce stade engagé. […] Le groupe reste à court terme sur des contractualisations au spot ce qui tend à prouver que la remontée des prix est encore faible. Et la position de force de Bourbon vis-à-vis de ses clients a encore tendance à diminuer».

Néanmoins, «2011 devrait marquer un début de redressement des performances de Bourbon qui se poursuivra plus fortement en 2012 et 2013», relève CM-CIC. D’ailleurs, les analystes restent positifs sur la valeur. La nouvelle équipe doit faire ses preuves, alors que Jacques de Chateauvieux, qui a converti le groupe familial en spécialiste des services maritimes pour l’offshore pétrolier, a laissé en début d’année son siège de directeur général à Christian Lefèvre, tout en restant président du conseil d’administration.

Bourbon affiche sa confiance et maintient ses objectifs 2015, à savoir une croissance annuelle moyenne de 17% par an, à la faveur de la croissance de la flotte (600 navires en propriété contre 407 fin 2010 et 451 attendus fin 2011), et de l’amélioration de la disponibilité de la flotte (95% contre 92,8 % fin 2010). Les taux d’utilisation devront également remonter dès cette année, seulement de 79,5% (-3,5 points) fin 2010 pour Marines Services (390 navires) et de 88,5% (+0,4 point) pour Subsea Services (17 navires), ce qui est déjà perceptible en janvier et février. «Nous espérons un impact dans les comptes dès le premier semestre», a commenté Christian Lefèvre. Les tarifs journaliers devraient reprendre progressivement au second semestre.

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