Le concept de créateur d’entreprise est au cœur du débat sur la fiscalité des plus-values
Avant même que les discussions sur le budget ne débutent demain à l’Assemblée nationale, le gouvernement a promis de revenir sur le relèvement de l’imposition sur les plus-values de cessions mobilières et droits sociaux. Les associations patronales comme le Medef et Croissance Plus se gardent cependant de crier victoire car les mesures sont encore floues.
Bercy proposerait que les créateurs d’entreprises ne soient pas touchés par l’imposition au barème de l’impôt sur le revenu (IR) des plus-values. Dans ce cas, après avoir cédé leur affaire, ils ne seraient imposés «qu’à» hauteur de 19% au titre de l’IR et de 15,5% au titre des prélèvements sociaux, comme aujourd’hui. La notion de créateur reste à définir. Bercy pourrait imposer un seuil de détention minimale des titres de deux à cinq ans et d’une part minimale en capital de 10% à 20%.
En revanche, ceux qui ne seraient pas créateurs seraient bien imposés au barème de l’IR (qui va de 5,5% à 41%). L’idée fait grincer des dents Grégoire Sentilhes, président de la journée de l’entrepreneur et de la société de capital-investissement Nextstage. «Les créateurs n’ont pas tous fait fortune et n’ont pas tous hérité. Pour que les entrepreneurs puissent se développer, il faut qu’il y ait des investisseurs qui financent leur création, leur développement, leur transmission... à leurs côtés», défend-il.
«Si le gouvernement devait revenir sur cette mesure pour ne tenir compte que du cas de la personne qui part de rien pour créer son entreprise, cela viserait trop peu de monde et n’éviterait pas les effets pervers», renchérit Alexandre Lagarrigue, avocat chez Clifford Chance.
Le gouvernement réfléchit cependant aussi à revoir les abattements prévus en fonction de la durée de détention. Dans le projet de budget, ils atteindraient 40% au bout de douze ans de détention mais ce délai pourrait être raccourci.
Enfin, Bercy pourrait élargir la dérogation ménagée pour les personnes qui réinvestissent au moins 80% leur gain dans une autre entreprise. L’exonération se ferait à hauteur du réinvestissement et jusqu’à 100%.
«Je pense que le chef d’entreprise ou le dirigeant qui investit dans sa société ne sait jamais s’il va souhaiter ou même pouvoir réinvestir quand il va vendre. Donc le problème reste entier, cela découragera les investissements», estime Alexandre Lagarrigue.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter