Le chantier financier d’Areva n’est pas encore achevé
Les 900 millions d’euros promis à Areva n’ont pas totalement dégagé l’horizon. «En juin 2009, le conseil de surveillance avait décidé d’une augmentation de capital de 15%, ce qui nous amenait à environ 2 milliards d’euros. Il manque donc un milliard», a reconnu hier Alain-Pierre Raynaud, le directeur financier du groupe de nucléaire.
Avec 4 milliards d’euros de dette fin 2010 (31% des fonds propres), 3 milliards de trésorerie et 2 milliards de lignes de crédits, le directeur financier assure que le groupe «débutera 2011 sans sujet de financement». Mais la question finira par se poser car le groupe brûlera 2 milliards de trésorerie jusqu’en 2012.
Areva a besoin d’investir 10 milliards d’euros, dont 7 milliards venant de ventes d’actifs ou de levées de fonds. Or, la cession des lignes Total, GDF Suez, Safran, la vente de T&D et l’augmentation de capital n’ont fait rentrer que 5,9 milliards d’euros. Même avec la vente en cours de négociation des 11% détenus directement au capital de STMicro (Areva détient 3,4% supplémentaires via le CEA), estimés à 770 millions, il manque au bas mot 300 millions d’euros et plus encore pour rassurer définitivement l’agence de notation S&P et les clients.
Alain-Pierre Raynaud indique qu’Areva dispose de «nombreuses alternatives». L’une d’entre elles est une augmentation du capital flottant auprès du public lors de la cotation d’Areva au premier semestre 2011. L’Etat s’y est engagé auprès de Kuwait Investment Authority pour le convaincre d’investir 600 millions dans l’entreprise. Si le groupe n’est pas coté, KIA dispose d’une option de vente de sa participation à l’Etat. Autre option, l’entrée de nouveaux investisseurs. EDF milite pour. «Ce n’est pas à l’ordre du jour mais une augmentation au capital sans changement de la gouvernance peut être évoquée», précise Alain-Pierre Raynaud. Pas question donc de lier la levée de fonds à l’avenir de la présidente du directoire, Anne Lauvergeon, dont le mandat expire en juin 2011, alors qu’Alexande de Juniac, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, est sur les rangs.
Enfin, l’ouverture du capital du pôle minier d’Areva constitue une dernière option. Mais elle soulève aussi de nombreuses questions, sur la valorisation de ce pôle ou sur le risque de devoir constater une moins-value liée au rachat en 2007 d’Uramin. «Rien n’a été décidé», coupe Alain-Pierre Raynaud.
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