Le canadien RIM est plus que jamais au pied du mur pour assurer sa survie
Du point de vue des chiffres cela pourrait difficilement être pire et cela ne va qu’empirer», tel est le jugement sans appel d’un analyste américain hier à la lecture des résultats publiés par le fabricant du Blackberry, Research in Motion (RIM). Une sentence qui résume le climat de défiance entourant le groupe canadien, dont le titre a cédé en soirée 18% à 7,50 dollars. Depuis un an, l’action a abandonné 70% de sa valeur.
Il est vrai que RIM accumule les mauvaises surprises. Le groupe a publié hier une perte d’exploitation plus marquée que prévu, la première en huit ans, et indiqué (tout en ayant renoncé depuis sa dernière publication à formuler toute prévision chiffrée d’activité ou de résultats) que le trimestre en cours devrait également se solder par un perte. Qui plus est, RIM a reporté au début de l’année prochaine la commercialisation de sa nouvelle génération de smartphones BlackBerry sous le coup de délais de développement plus longs que prévu. RIM, qui s’est engagé à réduire ses coûts d’exploitation d’un milliard de dollars cette année, a également dit prévoir la suppression de 5.000 postes, soit 30% de ses effectifs, alors que ses ventes de BlackBerry ont fortement reculé pour le deuxième trimestre d’affilée. Sur le trimestre au 2 juin, le chiffre d’affaires recule de 43% à 2,8 milliards de dollars, pour une perte nette ajustée de 192 millions contre un bénéfice de 695 millions il y a un an.
De quoi raviver la pression sur le conseil d’administration pour trouver des solutions radicales susceptibles d’assurer l’avenir du groupe. Selon un analyste, «il ne s’agit pas seulement d’un trimestre décevant mais d’une question de survie». Citant des sources proches, Reuters indique que RIM pourrait ainsi forger une alliance avec Microsoft ou céder son activité de réseau. Le patron de Microsoft, Steve Ballmer, aurait noué contact avec RIM au cours des derniers mois. Il s’agirait pour le groupe canadien d’abandonner son propre système d’exploitation pour adopter le prochain Windows 8. Une issue qui pourrait passer par une entrée de Microsoft au capital et par le partage des dépenses de commercialisation, mais qui implique la perte d’indépendance technologique de RIM. Ce dernier pourrait tout autant envisager selon Reuters la cession de son réseau à une société de private equity ou à un industriel. L’acquéreur pourrait alors ouvrir à d’autres opérateurs ce réseau sécurisé.
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