Le canadien Agrium se retrouve pris dans les griffes du fonds activiste Jana Capital
Après McGraw-Hill, Marathon Petroleum ou bien encore El Paso, Jana Capital a jeté son dévolu sur le canadien Agrium, premier distributeur d’engrais ou de fertilisants agricoles aux Etats-Unis. Et, comme pour ses précédentes cibles, le fonds activiste réclame une scission du groupe, entre ses activités en gros et sa branche de distribution. Cette dernière assure 63% du chiffre d’affaires annuel d’Agrium, mais seulement un quart de son excédent brut d’exploitation. Pour appuyer ses demandes, Jana Capital a acquis 6,5 millions d’actions, soit environ 5% du capital d’Agrium. Aux cours actuels de la société canadienne, qui capitalise 15 milliards de dollars, l’investissement est estimé à 750 millions de dollars.
Les revendications de Jana Capital sont prises au sérieux par la direction d’Agrium. Quelques heures après que le fonds eut révélé sa position au capital, Michael Wilson, le président du groupe canadien, s’est fendu d’un communiqué pour affirmer qu’après avoir étudié «attentivement l’idée d’une scission de la division distribution» le conseil d’administration a «unanimement jugé que c’était contraire aux meilleurs intérêts de la société et de ses actionnaires». Michael Wilson, qui dit entretenir des «relations étroites avec les actionnaires et prendre en considération leur point de vue», assure que «la grande majorité d’entre eux comprend et appuie notre stratégie», à l’origine d’une hausse de 40% du cours de l’action depuis le début de l’année.
Aussi affirmatives soient-elles, ces paroles permettront-elles à Agrium d’échapper aux griffes de Jana Capital? Dirigé par Barry Rosenstein, le fonds dispose d’environ 3 milliards de dollars d’actifs et vient de sortir du capital de Marathon Petroleum après avoir obtenu la réorganisation du groupe d’énergie américain qu’il réclamait avec à la clé une plus-value estimée à plusieurs centaines de millions de dollars. Jana Capital, malgré les réticences initiales de la direction, avait également poussé McGraw-Hill, la maison mère de S&P, à se désengager de l’édition scolaire pour se concentrer sur les services financiers. Il a aussi contribué à la modification du périmètre d’El Paso.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Ukraine : Kiev s’inquiète de la date de livraison des 500 missiles Patriot américains
Si l’administration Trump a donné son go à la vente de 500 missiles intercepteurs Patriot à Kiev, la date de livraison interroge. « Il a été précisé que les livraisons ne pourront commencer que dans quelques années », a indiqué, vendredi 30 octobre au soir, Volodymyr Zelensky -
Mise au point« La trêve hivernale n’oblige pas le bailleur à attendre le 1er avril pour agir »
La trêve hivernale, qui débute ce dimanche 1er novembre, est l'occasion de faire le point sur certaines idées reçues avec Emmanuelle Taupin-Mayor, commissaire de justice à Istres (PACA) et membre du bureau de la Chambre nationale. -
« C’est un changement de paradigme » : l’IA, nouvelle arme des entreprises face aux attaques automatisées
La publication des failles du langage PHP la semaine dernière oblige les entreprises à repenser leur cyberdéfense. Pour se défendre contre les attaques optimisées par l'IA, la solution serait... l'IA