Le CAC 40 est en excellente position pour réaliser des acquisitions
Avec des bilans très sains, les entreprises du CAC 40 «ont tout pour saisir des opportunités de croissance externe. Elles sont à l’affut, mais font aussi preuve de prudence», explique Sonia Bonnet-Bernard, associée gérante de Ricol Lasteyrie Corporate Finance.
Pour la neuvième édition de son profil financier du CAC 40, Ricol Lasteyrie relève la bonne santé financière des sociétés du CAC 40, mais aussi l’atonie de son activité et de son parcours boursier. En 2014, leur chiffre d’affaires a seulement progressé de 1% en pro-forma, tandis que la marge opérationnelle courante s’est légèrement dégradée de 9,9% à 9,6%. Et pourtant, l’internationalisation du CAC 40 s’accélère, avec seulement 61% des ventes (en masse) réalisées en Europe, contre 73% en 2006. Et pour les 30 sociétés qui précisent le poids de la France, celui-ci est tombé à 28,6% en 2014 contre 35,3% en 2009.
En revanche, les résultats nets cumulés bondissent de 31% à 62 milliards d’euros. Mais cette progression s’explique aux trois quarts par la baisse des dépréciations d’actifs, en chute de 46% à 12,8 milliards d’euros. En 2014, les dépréciations de goodwill n’atteignaient pas les 3 milliards d’euros – et étaient concentrées à 75% sur cinq sociétés – contre plus de 30 milliards en cumulé sur les trois exercices précédents. Le goodwill ne concerne plus que 23% des dépréciations.
Si les bénéfices nets demeurent encore 35% en dessous de leur niveau d’avant la crise, le taux de distribution médian progresse, passant de 38% en 2006 à 53% en 2014, les sociétés voulant maintenir le dividende en valeur.
Les investissements ont reculé de 10% sur 2013-2014, mais sont restés stables l’an dernier en pro forma. L’effort d’investissement recule légèrement, passant de 9,1% du chiffre d’affaires en 2012 à 7,8% en 2014. «C’est le résultat le plus décevant et le plus inquiétant, ajoute Sonia Bonnet-Bernard. Les entreprises restent très (trop?) prudentes».
Pour la troisième année consécutive, l’endettement net a reculé, et a retrouvé ses niveaux d’avant la crise à 204 milliards d’euros, tandis que le gearing moyen est tombé à un plus bas de 27%. Cette amélioration s’explique par les déconsolidations imposées par IFRS 11 (essentiellement dans les secteurs de l’énergie, des matières premières et des utilities), et par les cessions dans les TMT. D’ailleurs, 20% des sociétés du CAC 40 sont en trésorerie positive.
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