Le brouillard réglementaire envoie EDF à son plus bas historique
La Bourse a craint le pire hier pour EDF. Le cours du producteur d’électricité a chuté en matinée de 6,1% touchant un nouveau plus bas historique à 13,39 euros à la suite d’un article du Parisien indiquant que l’annulation par le Conseil d’Etat du tarif d’utilisation des réseaux publics (Turpe) en vigueur en France pour la période 2009-2013 pourrait contraindre le groupe à rembourser 8,8 milliards d’euros à ses clients.
Faux, a répliqué EDF, assurant que la décision du Conseil d’Etat n’implique pas de remboursement et qu’elle ne devrait pas avoir d’impact sur ses résultats. Le cours de Bourse s’est ainsi repris au cours de la journée, pour finir en baisse de seulement 0,98% à 14,13 euros. A ce niveau, EDF capitalise 26 milliards d’euros.
Au-delà de ce chiffre jugé sans fondement, EDF, sa filiale de réseau ERDF et la Commission de régulation de l'énergie (CRE) soulignent néanmoins qu’il est prématuré d'évaluer l’impact de la décision du Conseil d’Etat sur les tarifs de l'électricité, qui restent de toute façon fixés par le gouvernement. La décision ne prendra effet qu’au 1er juin 2013. La CRE proposera d’ici là une nouvelle version du Turpe qui sera calculé selon une nouvelle méthode, s’appliquera rétroactivement à la période 2009-2013 et se substituera au tarif annulé.
Malgré l’assurance de la déclaration d’EDF, l’incertitude sur l’impact de cette réforme risque donc de peser encore plusieurs mois sur l’avenir du groupe, dont les perspectives et la visibilité sur les revenus sont aujourd’hui soumises à l’évolution de la régulation, au grand dam de nombreux investisseurs. Ce qui explique d’ailleurs une partie de la décote dont souffre l’électricien par rapport au secteur avec un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de seulement 4,3 pour 2013, plus d’un point de moins que la moyenne du secteur en Europe.
Les analystes de Credit Suisse rappellent que la France est avec Chypre et le Danemark le seul pays de l’Union européenne à réguler les prix de l’électricité à la fois pour les clients particuliers et industriels. La France est aussi avec la Croatie, l’Espagne et la Grèce, le seul pays où les prix sont fixés par le gouvernement et non par un régulateur indépendant.
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